Dominique de Villepin regrette l'absence de "vision" pour la France

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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé lundi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement Fillon, que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé lundi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement Fillon, que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France. — Alain Jocard AFP/Archives

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a estimé lundi, au lendemain de la formation du nouveau gouvernement Fillon, que la "principale leçon" à tirer du remaniement était une absence de "vision" pour la France.

La continuité politique "est une bonne chose dès lors qu'il y a une vision politique", a déclaré M. de Villepin sur Canal+. "C'est bien ce problème là qui est au coeur de la situation française: il n'y a pas de vision, et à partir de là, on peut regretter que le gouvernement, le président de la République, s'éloignent des Français". "C'est pour moi la principale leçon de de remaniement", a-t-il ajouté.

"Ceux qui pouvaient incarner dans ce gouvernement la fibre sociale, la fibre humaine, des personnalités aussi diverses que Rama Yade ou Jean-Louis Borloo s'en vont", a-t-il poursuivi. "On voit un gouvernement qui est davantage un gouvernement de combat pour préparer les élections, les Français sont loin de tout ça".

"Je crois au contraire que si on veut répondre aux aspirations des Français il faut s'élargir, s'ouvrir à des personnalités différentes", a-t-il jugé. "Je l'ai dit depuis de nombreux mois, il est temps (qu'il y ait) en France une grande coalition de bonne volonté, les gaullistes sont là, disponibles, il y a les radicaux, il y a les centristes" (..) tout simplement pour servir les Français et donner une autre image de la politique".

"Nous sommes bien loin du RPR, parce qu'au coeur du RPR il y avait une ambition gaulliste", a encore estimé l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. "Vous chercherez en vain ce qu'il y a de gaulliste dans ce gouvernement".

Jean-Louis Borloo, qui quitte le gouvernement, "a été l'un des meilleurs ministre de mon gouvernement" (de l'emploi de 2005 à 2007), a-t-il jugé. "Les critiques nombreuses qui ont été faites sur sa personne étaient profondémment injustes, c'est quelqu'un d'original, c'est quelqu'un de différent, mais c'est quelqu'un de nécessaire dans la vie politique", a-t-il estimé.

Il a qualifié l'entrée au gouvernement d'Alain Juppé de "démarche personnelle". "Je respecte sa volonté de servir dans le cadre d'un gouvernement, mais je n'y vois pas de signification politique puisque tout au long de ces derniers mois, je me suis trouvé avec lui à émettre des critiques extrêmement proches" sur le gouvernement.