Remaniement: dernières tractations avant l'annonce

POLITIQUE Guéant a rencontré Fillon, Raffarin met la pression...

Avec Reuters

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Après cinq longs mois de rumeurs, de tensions et d'espoirs qui ont secoué sa majorité, Nicolas Sarkozy s'apprête enfin à procéder à un remaniement très attendu de son gouvernement qui doit le porter jusqu'au terme de son mandat et à la campagne présidentielle de 2012.
Après cinq longs mois de rumeurs, de tensions et d'espoirs qui ont secoué sa majorité, Nicolas Sarkozy s'apprête enfin à procéder à un remaniement très attendu de son gouvernement qui doit le porter jusqu'au terme de son mandat et à la campagne présidentielle de 2012. — Miguel Medina AFP

Les ultimes consultations ont commencé samedi sur le remaniement, annoncé comme imminent, du gouvernement français qui pose la question du contenu de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, au plus bas dans les sondages.

La décision finale sur cette opération annoncée avant l'été par le chef de l'Etat et qui trouble la majorité depuis la rentrée, est attendue lundi après l'adoption laborieuse d'une réforme des retraites impopulaire et un début de la présidence française du G20 sans décisions concrètes.

Alain Juppé entrant possible?

Les dernières rumeurs distillées dans la presse annonçaient une stabilité aux postes les plus importants, tandis que Nicolas Sarkozy devait consulter durant tout le week-end. François Fillon s'est rendu à l'Elysée en fin de matinée, selon des images de France 2.

D'après le Figaro de samedi, il resterait à Matignon, Christine Lagarde serait maintenue à l'Economie, Brice Hortefeux à l'Intérieur, Luc Chatel à l'Education, François Baroin au Budget, Bruno le Maire à l'Agriculture.

Que faire de Borloo?

Sont annoncés comme possibles entrants le maire de Bordeaux Alain Juppé, l'actuel patron du parti majoritaire UMP Xavier Bertrand, tandis que seraient «remerciés» le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie et quelques secrétaires d'Etat comme Fadela Amara.

Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui faisait campagne discrètement pour devenir Premier ministre et avait même commencé à approcher diverses personnes pour son cabinet, semble avoir perdu les faveurs de l'Elysée.

Si sa promotion est écartée, la question de son maintien au gouvernement sera posée, ainsi que celle du soutien des centristes à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012.

Les critiques de Raffarin

Dans une majorité en général tétanisée dans l'attente du choix présidentiel, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a fait entendre un point de vue tranché très rare, en plaidant pour un remaniement gouvernemental de rupture.

Il exprime par avance dans un entretien publié par Le Monde de samedi sa désapprobation sur le maintien de François Fillon à Matignon.

«J'apprécie la personne (de François Fillon). Il revendique la continuité, c'est légitime, mais cette ligne politique ne correspond plus à celle qu'il nous faut. C'est au président de fixer la nouvelle ligne», dit-il.

Guéant au gouvernement?

«Je crains le conservatisme, le statu quo. Il faut une rupture à caractère social», ajoute-t-il.

Jean-Louis Borloo n'est cependant pas le seul à avoir ses faveurs pour Matignon. «Il en a toutes les qualités, mais il n'est pas seul, d'autres parmi les gens d'expérience ou au sein de la jeune et talentueuse nouvelle génération sont à la hauteur».

Il propose de retenir comme priorités l'emploi, l'éducation, le logement et le vieillissement de la population. Selon lui, il est possible de redéployer des crédits comme le budget consacré au Grand Paris, projet cher à l'Elysée. «Il faut avoir de l'imagination, sortir du train-train administratif».

L'ultime question posée par le remaniement est celle de l'entourage immédiat de Nicolas Sarkozy, et notamment le maintien de Claude Guéant au poste de secrétaire général de l'Elysée, ou un changement dans cette fonction considérablement renforcée sous le régime actuel.