Journalistes surveillés: Le «Canard enchaîné» accuse encore l'Elysée

POLITIQUE Une enquête aurait été menée pour identifier les sources de l’hebdomadaire...

M.P. avec Reuters

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Nicolas Sarkozy continue d'afficher en novembre un très bas niveau de popularité, après deux mois difficile marqués notamment par la réforme des retraites, selon plusieurs sondages rendus publics lundi.
Nicolas Sarkozy continue d'afficher en novembre un très bas niveau de popularité, après deux mois difficile marqués notamment par la réforme des retraites, selon plusieurs sondages rendus publics lundi. — Franck Fife AFP/Archives

Malgré la plainte déposée par Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée et Bernard Squarcini, Le Canard enchaîné ne lâche rien. Ll’hebdomadaire satirique accuse à nouveau l’Elysée de surveiller la presse et affirme même être l’objet d’une enquête, dans son édition à paraître mercredi. Claude Angeli, le patron du journal et  spécialiste du monde du renseignement, assure qu’une enquête a été lancée pour identifier la source qui lui a permis d’écrire son article de la semaine dernière, dans lequel il révélait que Nicolas Sarkozy supervisait «personnellement» des enquêtes sur des journalistes gênants. Claude Angeli cite un cadre de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui parle de «suspicion généralisée».                 

L'hebdomadaire explique également comment l'Elysée  a fait pour se passer d'autorisation pour examiner les factures d'appels téléphoniques de journalistes. Le Canard enchaîné révèle qu’une réunion s’est tenue en septembre 2009 avec Claude Guéant, des représentants de la DCRI, un membre du cabinet du Premier ministre François Fillon et un conseiller de Nicolas Sarkozy.  Il s'agissait selon l’hebdomadaire de trouver une parade à l'interdiction faite aux opérateurs téléphoniques de livrer sur demande à la police les factures détaillées de téléphone.

«Intérêt supérieur de l'Etat»

La Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), instance indépendante, venait de rappeler à ces opérateurs une loi de 1991, qui impose son autorisation préalable. Il aurait alors été décidé entre l'Elysée, Matignon et les principaux services de police de faire valoir un «intérêt supérieur de l'Etat» pour se passer d'autorisations, alors que la loi de 1991 ne prévoit cette dérogation que dans certains cas limités d'écoutes ou de surveillance hertziennes.  L'Elysée aurait ensuite nommé en octobre 2009 un président de la CNCIS plus «accommodant» que le précédent, Hervé Pelletier. Sur ordre de l'Elysée, il a fait adopter en catimini selon le Canard la nouvelle interprétation de la loi, lors d'un vote technique le 21 janvier 2010.

Depuis, la police examine sans autorisation les factures détaillées de téléphone des journalistes, affirme Le Canard.  La DCRI a d’ailleurs reconnu avoir identifié l'été dernier une source d’un journaliste du Monde par des «vérifications techniques».  La DCRI invoque le «secret-défense» pour refuser de livrer les éléments de cette enquête au procureur de Paris, qui les demande après une plainte du Monde.

L'entourage de Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité commenter cet article à paraître mercredi, expliquant qu'il souhaitait en prendre directement connaissance. L'Elysée avait qualifié de «farfelues» les premières accusations de l'hebdomadaire.