Espionnage de journalistes: Hollande veut la saisie de la Commission de contrôle

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L'ancien numéro un du PS, François Hollande, a demandé dimanche au gouvernement de saisir la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) sur les éventuelles affaires d'espionnage de journalistes.
L'ancien numéro un du PS, François Hollande, a demandé dimanche au gouvernement de saisir la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) sur les éventuelles affaires d'espionnage de journalistes. — Pierre Verdy AFP/Archives

L'ancien numéro un du PS, François Hollande, a demandé dimanche au gouvernement de saisir la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) sur les éventuelles affaires d'espionnage de journalistes.

"Pour être insoupçonné, (le gouvernement doit) être insoupçonnable. Il y a deux lois dans notre pays en matière d'écoutes, celle de 1991 sur les interceptions téléphoniques et celle sur la protection des sources. De la part du gouvernement, il y a eu une application que je conteste sur ces deux lois", a-t-il déclaré sur Radio J.

Il a ainsi déploré l'utilisation des fadettes - factures téléphoniques détaillées - d'un conseiller du garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, David Sénat, sans qu'ait été saisie la CNCIS, dont le rôle est de "donner un avis chaque fois" qu'il y a recours à ces relevés.

La CNCIS est une autorité administrative indépendante chargée de vérifier la légalité des autorisations d'interception (écoutes téléphoniques).

"Le gouvernement doit donc faire toute la transparence et saisir cette commission pour rendre compte de tout ce qui a pu être fait", a ajouté M. Hollande.

Selon lui, il faut "une nouvelle législation sur les nouvelles techniques comme la géo-localisation ou les SMS, des moyens de communication qui, s'ils sont interceptés, sont des atteintes aux libertés". "Il faut faire en sorte que la loi soit révisée pour permettre une meilleure protection des droits, et notamment des SMS".

"En attente de cette nouvelle législation", le gouvernement doit "saisir systématiquement" la CNCIS pour "l'utilisation de ces relevés ou SMS concernant des journalistes", a souligné le député-maire de Tulle.

Alors que certains à gauche dénoncent une "police politique", M. Hollande déclare "fai(re) attention aux mots qu'(il) emploie".

"Quand je n'ai pas les informations, je ne les invente pas. Mais quand il y a un faisceau d'indices, le rôle du pouvoir, c'est de faire la transparence. Je ne veux pas imaginer que les services chargés de lutter contre le terrorisme puissent mettre en cause des sources pour les journalistes, voire même des journalistes eux-mêmes", a-t-il poursuivi.