Journalistes surveillés: Guéant et Squarcini portent plainte pour diffamation

POLEMIQUE C'est la conséquence des accusations du «Canard Enchaîné»...

M.P.

— 

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Squarcini, patron du contre-espionnage français, accusés de piloter des opérations illégales de surveillance des journalistes, vont déposer plainte en diffamation, révèle le Journal du Dimanche dans son édition de samedi.
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Squarcini, patron du contre-espionnage français, accusés de piloter des opérations illégales de surveillance des journalistes, vont déposer plainte en diffamation, révèle le Journal du Dimanche dans son édition de samedi. — Thomas Samson AFP/Archives

Claude Guéant et Bernard Squarcini ont décidé de frapper fort pour mettre fin à la suspicion. Le secrétaire général de l’Elysée et le patron de la DCRI, accusés par Le Canard enchaîné de surveiller des journalistes, vont porter plainte pour diffamation, annonce Le Journal du Dimanche.

Claude Guéant a précisé à l'AFP qu'il poursuivait Mediapart «pour diffamation par voie de citation directe», précisant que ce serait «fait la semaine prochaine».

Journalistes «géolocalisés»

«On ne peut pas laisser dire n'importe quoi, il y a des limites à tout. Et puis, il y a tellement de journalistes disant du mal du Président, je le déplore, que cette tâche que l'on m'impute serait gigantesque. Tout cela est absurde», avait-il précedemment décalré au JDD. On tente de «déstabiliser la boutique à un moment où la menace terroriste n'a jamais été aussi forte», expliquait de son côté Bernard Squarcini. 

Jeudi, Mediapart - dont deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Woerth/Bettencourt affirment avoir été pistés et «géolocalisés» par les services français - avait cité Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance.

«C'est l'hôpital qui se moque de la charité»

«C'est l'hôpital qui se moque de la charité», a rétorqué le patron de Mediapart, Edwy Plenel. «Si (M. Guéant) maintient cette décision, ce sera une superbe occasion d'un procès où la liberté de l'information mettra en évidence la part d'ombre de cette présidence», a-t-il également déclaré à l'AFP.

Mercredi, c'est Le Canard enchaîné qui avait affirmé que Nicolas Sarkozy supervisait «personnellement» l’espionnage de certains journalistes enquêtant sur lui ou ses proches. Des accusations démenties par l’Elysée mais qui ont été maintenues par l’hebdomadaire satirique.