La première convention de l'UMP en vue de 2012 parasitée par le remaniement

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Le très probable remplacement de Xavier Bertrand à la tête de l'UMP à l'occasion du remaniement préparé par l'Elysée a agité les coulisses du parti mercredi lors du lancement à Paris du premier de ses "dix rendez-vous pour la France", censés inspirer le programme de 2012.
Le très probable remplacement de Xavier Bertrand à la tête de l'UMP à l'occasion du remaniement préparé par l'Elysée a agité les coulisses du parti mercredi lors du lancement à Paris du premier de ses "dix rendez-vous pour la France", censés inspirer le programme de 2012. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Le très probable remplacement de Xavier Bertrand à la tête de l'UMP à l'occasion du remaniement préparé à l'Elysée a agité les coulisses du parti mercredi lors du lancement à Paris du premier de ses "dix rendez-vous pour la France", censés inspirer le programme de 2012.

En janvier 2009, l'ex-ministre du Travail avait renoncé à son maroquin à la demande de Nicolas Sarkozy pour prendre les commandes du parti présidentiel. Aujourd'hui nombreux sont ceux à l'UMP qui le donnent sur le départ pour un retour au gouvernement. Il est "partant à 80%", a confié un cadre.

L'intéressé lui-même, après avoir répété ces dernières semaines qu'il n'avait "pas la bougeotte", allant même jusqu'à fixer une feuille de route pour l'UMP jusqu'en 2012 aux journées parlementaires de septembre à Biarritz, n'exclut plus son départ.

Sur RTL, juste avant l'ouverture de la première convention sur le programme, consacrée au thème de l'éducation, Xavier Bertrand a jugé "possible" que Jean-François Copé prenne sa place comme secrétaire général, renforçant ainsi l'hypothèse avancée majoritairement à l'UMP et au gouvernement.

Au micro de RMC, le patron des députés UMP, lui, a réaffirmé son souhait de mettre le parti "en ordre de bataille dans la perspective de l'élection présidentielle" de 2012. Mais il a aussitôt cru bon de préciser que le chef de l'Etat ne lui avait "pas encore répondu" sur son "offre de services", dont les termes sont restés secrets depuis qu'il l'a formulée cet été.

Devant l'Association des journalistes parlementaires, il a semblé donner du crédit à ce changement de poste, avec des propos sur la liberté de parole dont doit pouvoir jouir le patron de l'UMP.

"Je n'ai jamais entendu que le fait d'être secrétaire général du parti interdisait d'avoir un point de vue différent. Jamais", a-t-il déclaré. Mais "il est hors de question de parler de quelque chose qui, à l'heure où nous parlons, n'existe pas", a-t-il prudemment nuancé.

Dans les couloirs de la convention à la Villette, la secrétaire générale adjointe de l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, co-pilote avec Laurent Wauquiez de ces rendez-vous, a résumé le job et le sentiment général: "il faut trouver un équilibre entre une vraie liberté et une loyauté totale" à Nicolas Sarkozy et "c'est pas évident".

Elle n'a pas souhaité s'épancher davantage sur le remaniement, pas plus d'ailleurs que M. Bertrand ou même M. Copé, à son arrivée à la Cité des Sciences où il était invité à apporter sa contribution au débat.

Tous ont éludé la question "hors sujet" qui a pourtant largement occulté celle de l'avenir de l'école, mercredi, et agite depuis des mois le microcosme politique.

"Les places, c'est pas le sujet!", s'est exclamée Nadine Morano en marge de la réunion. Jean-François Copé à la tête de l'UMP ? Elle lui reconnaît des "qualités" qu'il "doit conserver" mais aussi "des défauts" qu'il doit "réfrèner". Au passage l'ex-porte-parole de l'UMP a réitéré son offre de services à Nicolas Sarkozy: "je me sentirais tout à fait capable de gérer l'UMP". Une hypothèse qui en coulisse faisait sourire ou laissait dubitatifs plusieurs cadres UMP ou membres du gouvernement.

M. Bertrand a clôturé la convention en fixant une "grande ambition nationale": "que 100% des enfants sachent lire et écrire à la sortie du CE1".

M. Copé l'avait précédé à la tribune pour décliner sa vision de l'école de demain autour de trois mots-clés: "autorité", "culture d'établissement", "ouverture sur le monde et le numérique".