Le procès Clearstream en appel aura lieu en mai 2011

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Le procès Clearstream en appel, au cours duquel doit comparaître l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, relaxé en première instance, se tiendra en mai 2011, un an avant l'élection présidentielle.
Le procès Clearstream en appel, au cours duquel doit comparaître l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, relaxé en première instance, se tiendra en mai 2011, un an avant l'élection présidentielle. — Boris Horvat AFP/Archives

Le procès Clearstream en appel, au cours duquel doit comparaître l'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, relaxé en première instance, se tiendra en mai 2011, un an avant l'élection présidentielle.

Compte tenu des délais habituellement pratiqués à la cour d'appel de Paris, la décision de la chambre financière devrait intervenir à l'automne 2011. Un éventuel pourvoi en cassation ne serait donc pas examiné avant l'été 2012.

Le procès durera un mois, du 2 au 26 mai, a précisé mercredi la présidente de la chambre 5-12, Christiane Beauquis, à l'occasion d'une audience de fixation éclair. Aucune discussion n'a eu lieu, les dates ayant été préalablement fixées par la présidence de la cour d'appel.

Dominique de Villepin, qui envisage d'être candidat à la présidentielle, avait souhaité fin septembre que "les choses se fassent rapidement". "Il y a pour le moment une très grande confusion, ce que je souhaite c'est que les choses puissent se clarifier pour que la justice surtout soit respectée", avait alors déclaré sur LCI le fondateur de République solidaire.

"Il y a eu trop d'instrumentalisation de ce dossier dans le passé" et maintenant, "il est dans l'intérêt de tout le monde que les choses reviennent à la normale", avait-il ajouté.

Les audiences auront lieu les lundis et mercredis toute la journée, ainsi que les jeudis après-midi, dans les locaux de la Première chambre.

Alors qu'au début, le président de la cour d'appel, Jacques Degrandi, avait souhaité composer une chambre spéciale pour juger le procès Clearstream, en raison d'un encombrement supposé des chambres financières, il avait finalement changé d'avis au mois de septembre, sous la pression médiatique.

Dominique de Villepin s'était notamment élevé dans la presse contre cette "justice d'exception".

Mercredi, ses avocats Mes Olivier Metzner, Olivier d'Antin et Luc Brossollet se sont réjouis "que ce soit la chambre naturelle de la cour qui traite cette affaire".

Poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse" dans l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin avait été relaxé le 28 janvier par le tribunal correctionnel de Paris.

Lors du procès à l'automne 2009, le procureur de la République Jean-Claude Marin avait requis contre lui 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende. Dès le lendemain de la relaxe, il avait annoncé sa décision "d'interjeter appel".

"De manière un peu surprenante, le jugement ne condamne pas Dominique de Villepin", avait dit M. Marin sur Europe 1, ajoutant que "tout n'a(vait) pas été dit dans cette affaire".

Au cours de ce second procès comparaîtront également le mathématicien Imad Lahoud et l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, considérés comme les principaux auteurs du complot et condamnés respectivement à 18 et 15 mois ferme, ainsi qu'à une amende de 40.000 euros. Ils ont tous deux fait appel.

Partie civile dans le dossier depuis 2006, Nicolas Sarkozy a décidé de ne pas faire appel. Son avocat ne le représentera donc pas.

Révélée à l'été 2004, l'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation où des listings de la chambre de compensation luxembourgeoise éponyme ont été falsifiés. Des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, y ont été ajoutés, afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger.

Scandalisé par de telles accusations, Nicolas Sarkozy s'était constitué partie civile le 31 janvier 2006. Il est depuis convaincu que Dominique de Villepin était au coeur de ce complot, fomenté selon lui pour lui barrer la route de l'Elysée. Dominique de Villepin, lui, assure s'être fait abuser par Jean-Louis Gergorin.