Remaniement: Borloo ou Fillon à Matignon?

POITIQUE Qui Nicolas Sarkozy va-t-il finalement choisir pour diriger son gouvernement...

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Le remaniement annoncé du gouvernement est devenu un véritable casse-tête pour Nicolas Sarkozy, qui repousse de semaine en semaine l'heure du choix -garder François Fillon ou nommer Jean-Louis Borloo-, accentuant d'autant la nervosité de la majorité à 18 mois de la présidentielle.
Le remaniement annoncé du gouvernement est devenu un véritable casse-tête pour Nicolas Sarkozy, qui repousse de semaine en semaine l'heure du choix -garder François Fillon ou nommer Jean-Louis Borloo-, accentuant d'autant la nervosité de la majorité à 18 mois de la présidentielle. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Le remaniement annoncé du gouvernement est devenu un véritable casse-tête pour Nicolas Sarkozy, qui repousse de semaine en semaine l'heure du choix -garder François Fillon ou nommer Jean-Louis Borloo-, accentuant d'autant la nervosité de la majorité à 18 mois de la présidentielle.

"Comme tous les chefs de l'Etat, Nicolas Sarkozy déteste changer d'équipe et a fortiori de Premier ministre. Alors, il s'est mis une épée dans les reins en annonçant à l'avance ce remaniement. Manière de se contraindre", explique à l'AFP un membre du gouvernement.

Un attente de remaniement qui "pourrit l'ambiance”

Annoncé en juin, ce remaniement, voulu comme le coup d'envoi d'une nouvelle phase dans la perspective de 2012, était programmé pour la fin octobre, soit après la réforme des retraites et avant la présidence, pour un an, du G8/G20 par Nicolas Sarkozy à partir du 13 novembre. Il s'agissait alors pour le chef de l'Etat de ne faire "que de la politique" à partir de l'automne. Depuis, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a évoqué "la mi-novembre", soit après le sommet du G20 à Séoul. Et la semaine dernière, des proches du président ont avancé l'après-sommet de l'Otan de Lisbonne, soit après le 20 novembre.

Conséquence, depuis des mois ministres et membres de cabinet se perdent en conjectures sur leur avenir. "Ca pourrit l'ambiance", dit l'un d'eux. Et situation inédite, certains clament haut leur souhait de rester, à l'instar de Roselyne Bachelot (Santé) et Eric Woerth (Travail), quand d'autres font acte de candidature à Matignon plus ou moins discrètement comme Michèle Alliot-Marie (Justice) et Bruno Le Maire (Agriculture).

Avec le conflit social sur les retraites, l'hypothèse Borloo a pris corps, à mesure que la cote de confiance de François Fillon, considérée comme son bouclier, a baissé en octobre (entre 43 et 37% d'opinions positives, selon les études).Désormais, une courte majorité de Français (51%) souhaite le maintien de François Fillon et le numéro deux du gouvernement est en pole position comme recours possible (sondage BVA).

D'autres remaniements

Pour autant, les choses ne sont pas si simples : la gestion de la pénurie de carburant, chaotique au début, a fait baisser la cote de Jean-Louis Borloo à l'Elysée, tandis que celle de François Fillon a remonté. Depuis, François Fillon, qui avait demandé la présidence de l'Assemblée nationale, selon plusieurs sources, se verrait bien rester, affirme un ministre. Et devant ses visiteurs, il ne mâche pas ses mots contre son challenger, qu'il qualifie de "zozo". "Pour Fillon, être remplacé par Borloo est une humiliation insupportable", explique un sarkozyste.

Une ministre juge, au contraire, que Jean-Louis Borloo, "a une vraie épaisseur politique, un vrai charisme". "Il est dans la catégorie au-dessus" des quadras du gouvernement, dit-elle. Mais Edouard Balladur et Alain Juppé pilonnent aussi le ministre de l'Ecologie. "Si bien que le prix de Borloo à Matignon devient assez cher à payer pour le président", poursuit un sarkozyste. Pour desserrer l'étau, Jean-Louis Borloo a téléphoné vendredi 29 octobre, selon un des ses proches, à Alain Juppé pour s'expliquer avec lui.

Une chose semble acquise : l'arrivée de Jean-François Copé à la tête de l'UMP, et donc l'entrée de Xavier Bertrand au gouvernement. "Mais ce ne sera pas "open bar" pour lui", prévient un responsable de l'UMP, ajoutant : "Copé voulait avoir des garanties de diriger la campagne présidentielle. Il ne les a pas eues". Un autre remaniement, celui de l'Elysée, est en marche : le conseiller social, Raymond Soubie, s'en va, et l'hypothèse d'un départ de Claude Guéant est à nouveau évoquée. "Guéant a eu suffisamment de pouvoir et peu de reconnaissance, il veut son bâton de maréchal et devenir ministre", assure une source gouvernementale.