Bayrou laisse entendre que Borloo n'est pas assez "stable" pour aller à Matignon

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François Bayrou (MoDem) a jugé dimanche que la fonction de Premier ministre requérait de "la solidité" et de la "stabilité", semblant exclure que Jean-Louis Borloo, qui fait figure de favori pour Matignon en cas de départ de François Fillon, soit paré de ces deux vertus.
François Bayrou (MoDem) a jugé dimanche que la fonction de Premier ministre requérait de "la solidité" et de la "stabilité", semblant exclure que Jean-Louis Borloo, qui fait figure de favori pour Matignon en cas de départ de François Fillon, soit paré de ces deux vertus. — Patrick Kovarik AFP/Archives

François Bayrou (MoDem) a jugé dimanche que la fonction de Premier ministre requérait de "la solidité" et de la "stabilité", semblant exclure que Jean-Louis Borloo, qui fait figure de favori pour Matignon en cas de départ de François Fillon, soit paré de ces deux vertus.

"La fonction de Premier ministre exige une solidité, une stabilité qui sont les deux éléments principaux de ce que doit être l'homme ou la femme qui exerce cette fonction", a affirmé le leader centriste au "Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France".

Relancé par le journaliste qui l'interrogeait sur le ministre de l'Ecologie, il a refusé d'en dire plus. "Je vous ai répondu", a dit M. Bayrou.

Interrogé à la mi-journée sur Canal+ sur cette déclaration du président du MoDem, dont il fut le porte-parole lors de la campagne présidentielle de 2002, Jean-Louis Borloo a jugé "normal" d'être considéré comme "un peu dérangeant" par un rival centriste.

"Il se trouve que je suis profondément radical, centriste, social-démocrate", a déclaré M. Borloo. "Donc qu'un centriste, quelqu'un qui est dans son camp clairement, soit un peu dérangeant (...), je trouve ça normal et je considère que c'est un hommage qui m'est rendu", a-t-il ajouté.

Au "Grand Rendez-Vous", François Bayrou a été plus prévenant avec l'actuel locataire de Matignon, François Fillon: "Je trouve que la politique qu'il a suivie sur beaucoup de sujets n'est pas la bonne mais que, lui, est honorable dans sa fonction".

L'annonce du remaniement du gouvernement relève de la diversion, a-t-il par ailleurs réaffirmé.

"Nous sommes manipulés. Ca fait des mois que le pouvoir a jeté une peau de banane sur laquelle tout le monde glisse (...) Qui va en être, qui ne vas pas en être ? On parle de ça au lieu de parler des vrais sujets", a-t-il regretté.

François Bayrou a aussi jugé que son score à la présidentielle de 2007 - plus de 18% - est "intact" et "potentiellement plus fort".

Qui alors de lui, Hervé Morin - président du Nouveau Centre allié à l'UMP - ou Jean-Louis Borloo pourrait incarner le centre en 2012?

"La définition du centre c'est l'indépendance. Tous ceux qui sont dans la galaxie du pouvoir, en orbite autour du pouvoir, rêvant de pouvoir entrer dans l'atmosphère dans laquelle comme tous les satellites ils brûleront, tous ceux là ne peuvent pas prétendre être les représentants légitimes de cette indépendance", a-t-il répondu à l'adresse de ses potentiels rivaux.

Interrogé aussi sur l'émission satirique Le Petit Journal de Canal+ dans lequel le MoDem est caricaturé en "monde parallèle", M. Bayrou a estimé qu'"ils font le jeu des puissants pour chercher de l'audimat".

"Pour eux les seuls vrais mondes c'est l'UMP et le PS. Ils sont du côté des gros (...) je m'honore que nous soyons du côté de ceux qui veulent remettre en cause les importants", a-t-il lancé.