Forte baisse de la mobilisation contre la réforme des retraites

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La nouvelle journée de grève et de manifestations organisée jeudi en France contre la réforme des retraites a connu une forte baisse de la mobilisation, confirmant l'essoufflement de la contestation contre le projet phare du président Nicolas Sarkozy adopté la veille par le Parlement.
La nouvelle journée de grève et de manifestations organisée jeudi en France contre la réforme des retraites a connu une forte baisse de la mobilisation, confirmant l'essoufflement de la contestation contre le projet phare du président Nicolas Sarkozy adopté la veille par le Parlement. — Eric Cabanis AFP

La nouvelle journée de grève et de manifestations organisée jeudi contre la réforme des retraites a connu une forte baisse de la mobilisation, confirmant l'essoufflement de la contestation contre le projet phare de Nicolas Sarkozy adopté la veille par le Parlement.

Environ 198.000 manifestants étaient comptabilisés par le ministère de l'Intérieur à la mi-journée, alors qu'il recensait au même moment les 12 et 19 octobre respectivement 500.000 et 480.000 personnes.

La mobilisation est "inférieure" aux précédentes journées, mais encore de "grande ampleur", a relativisé Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT , juste avant le départ de la manifestation à Paris qui comptait, selon la police, 13.000 manifestants (60.000 à la mi-journée le 19 octobre).

L'usure du mouvement se faisait sentir dans les rangs de ce cortège parisien, traditionnellement le principal du pays. "C'est dur de voir des collègues qui nous lâchent, qui baissent les bras", reconnaît Laurent Montels, 36 ans, un salarié de la raffinerie de Grandpuits.

"On ne lâche rien", "on veut pas crever au boulot", scandaient un peu plus loin des manifestants.

Quelque 269 défilés étaient prévus en France pour cette septième journée d'action organisée depuis début septembre pour protester contre le projet de loi, dont la mesure la plus contestée est le recul à 62 ans de l'âge de départ à la retraite.

Ce "n'est pas un baroud d'honneur", a affirmé le responsable de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, assurant que le mouvement n'était pas fini, et ce malgré l'adoption définitive mercredi par l'Assemblée nationale de la réforme.

Après plusieurs mois de bras de fer avec le gouvernement de Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire, ils espèrent désormais que le chef de l'Etat, dont la cote de popularité s'est effondrée au fil du conflit, renonce à promulguer cette loi. La réforme n'entrera en vigueur qu'après cette promulgation.

Pour l'opposition socialiste, c'est désormais "l'objectif" de la contestation. En saisissant le Conseil constitutionnel pour examiner la loi, elle a déjà repoussé la promulgation à la mi-novembre.

Les syndicats misent aussi sur le soutien de l'opinion publique. Selon un sondage publié jeudi, 65% des Français soutiennent encore la mobilisation.

Mais la pression sur l'exécutif s'atténue avec l'essoufflement des grèves reconductibles que les syndicats ont encouragées dans les secteurs stratégiques de l'énergie et des transports.

Le blocage des 12 raffineries du pays a provoqué de graves pénuries d'essence et une quasi-asphyxie de l'économie, mais plus que la moitié environ d'entre elles étaient encore jeudi à l'arrêt ou en activité réduite. La situation s'améliorait aussi dans les stations-service avec une pompe sur cinq manquant de carburant.

Mais pour la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, il faut désormais "regarder devant". Elle a aussi ouvert la porte jeudi à une sortie de crise grâce à un dialogue sur de nouveaux chantiers sociaux, évoquant "l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors".

Les syndicats affirment toutefois que "le dialogue social est plombé" et entendent maintenir une pression avec une nouvelle journée de manifestations prévue le 6 novembre.

Un remaniement gouvernemental annoncé pendant l'été par Nicolas Sarkozy devrait intervenir à la mi-novembre, avec l'objectif de donner un nouveau souffle à son mandat en vue de la présidentielle de 2012.

"Cette réforme sera mise au crédit du bilan de Nicolas Sarkozy", a assuré le porte-parole adjoint du parti présidentiel UMP, Dominique Paillé.

Les Français affrontaient quant à eux de nouvelles pertubations jeudi dans les transports ferroviaires et aériens, mais moindres que lors de la précédente journée du 19 octobre.