Décès de Georges Frêche: des hommages en demi-teinte

DISPARITION Les réactions n'ont pas tardé dès l'annonce du décès du président DVG de la région Languedoc-Roussillon...

C. L. avec Caroline Rossignol à Montpeliier

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George Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon en chat avec les internautes de 20minutes.fr, le 24 février 2010.
George Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon en chat avec les internautes de 20minutes.fr, le 24 février 2010. — 20 MINUTES

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L'ancien numéro un du PS, François Hollande, a rendu hommage dimanche soir à Georges Frêche, décédé d'un arrêt cardiaque, en saluant «un bâtisseur et un visionnaire pour sa ville et sa région». «Georges Frêche était une forte personnalité. Il avait une conviction telle qu'il pouvait déplacer des montagnes, ce qu'il a fait pour sa ville de Montpellier et sa région. Il était un bâtisseur et un visionnaire pour sa région et sa ville et de ce point de vue-là, il laissera une trace», a-t-il dit à l’AFP. Pour l'ancien premier secrétaire socialiste, qui avait prononcé son exclusion du PS en 2007, Georges Frêche avait usé de «sa liberté» quitte «à choquer et blesser même» quand «il ne mesurait pas toujours ses propros». Un sentiment révélateur de la vie de Georges Frêche. Mais, a-t-il ajouté, «il était d'une grande intelligence et d'une grande sensibilité».

L'actuelle première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui s’était violemment opposée à Georges Frêche allant jusqu’à présenter contre lui une liste socialiste aux régionales, a salué dimanche la mémoire de Georges Frêche, «un grand élu visionnaire et bâtisseur dont le nom restera à jamais lié à Montpellier et à sa région. Au-delà des désaccords que nous avons pu avoir, je souhaite me souvenir d'un homme courageux et engagé», ajoute-t-elle dans un communiqué.

«Il va rester dans les mémoires de tous les Montpelliérains. Je suis une Montpelliéraine. Il a fait de Montpellier la surdouée, c'est ce qui va lui survivre. J'avais des liens d'amitiés avec lui», a réagi Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, interrogée par 20minutes.fr alors que l'élue est en déplacement au Japon.  

«Il laisse un vide dans la politique régionales, sa façon de parler, de penser. Je suis affecté, a assuré Christian Assaf, directeur de cabinet d'Hélène Mandroux, et ancien collaborateur de Georges Frêche à la région. J'ai un petit sourirre parce qu'il disait toujours qu'il voulait mourir sur scène. il nous laisse un héritage. Désormais, tout reste à reconstruire en politique. Cela va nous obliger à nous parler. Les gens vont devoir apprendre à travailler ensemble. Les ennemis réels ou supposés de Georges Frêche devront recomposer ensemble.»

Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, Georges Frêche était aussi «un homme politique qui a compté dans sa région, avec une forte personnalité». «Malheureusement, a-t-il ajouté à l’AFP, il y avait eu dans les dernières années des dérives et il avait tenu des propos condamnables que nous n'avons pu cautionner ni accepter, et qui avaient conduit à une rupture entre lui et nous dans la région.»

Ségolène Royal, que Frêche avait soutenue en septembre 2008 contre Martine Aubry, a également rendu hommage au grand élu local. «Au-delà des polémiques, Georges Frêche restera un grand élu local qui a donné sans compter son énergie au développement des territoires que les électeurs lui ont confiés depuis 1973. En se battant sans relâche pour le développement économique et urbanistique de Montpellier, il a fait de cette ville la grande cité qu'on connaît aujourd'hui», explique-t-elle dans un communiqué.

Pour François Bayrou, président du MoDem, «Georges Frêche était un paradoxe vivant, c'était à la fois quelqu'un de très cultivé (...), et en même temps c'était quelqu'un de provocateur qui n'hésitait jamais à transgresser, à choquer.» Saluant un personnage «chaleureux et truculent», François Bayrou a estimé que Georges Frêche «aura profondément marqué sa région, d'abord la ville de Montpellier dont il a fait une réussite exceptionnelle du point de vue du rayonnement».

René Revol, représentant du Parti de Gauche dans l'Hérault et rival de Georges Frêche pendant les régionales. «Je salue la mémoire de Georges Frêche moi qui étais toujours opposé à sa politique. Il a été un grand maire de Montpellier mais c'est entaché par une fin de règne mégalomane.»

A droite, les élus locaux ont également fait part de leur tristesse, insistant plus sur la force de Georges Frêches que sur les controverses qu’il a pu susciter.

Jacques Domergue, député UMP de l'Hérault. «Georges Frêche est décédé, c'est le Languedoc-Roussillon qui est en deuil. Il avait un coeur fatigué, tout le monde savait qu'il partirait d'un coup. C'est un homme qui a marqué notre territoire, il est parti avant d'avoir organisé sa succession. Il va laisser un grand vide. J'avais beaucoup de respect pour Georges Frêche que j'ai battu pendant les élections, ce qu'il n'a jamais accepté. Je ne savais même pas qu'il était rentré de Chine. Ce voyage n'était pas l'idéal. Je pense que s'il devait avoir un regret, c'est de n'avoir jamais été reconnu au plan national. C'était un baron local. Il se voyait ministre de l'Intérieur du temps de Jospin en 2002. On est sous le choc.»

Jean-Pierre Grand, député-maire de Castelnau-le-Lez (UMP). «Cela faisait 27 ans que je travaillais pour l'agglomération avec Georges Frêche en parfaite intelligence et avec une vision commune de la politique. L'homme était hors-du-commun, sous une certaine brutalité, il y avait de l'humanité. L'homme de culture et le politique ne faisait qu'un et c'est pour ça qu'il était souvent mal compris.»

Arnaud Julien, président UMP de l'Hérault. «Il y a une page de l'histoire de notre région qui se tourne. Ce que je garderais, c'est le bâtisseur, l'homme qui a fait explosé Montpellier, qui lui a permis d'être une mégapole.»

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