Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le 23 décembre 2009, sur le perron de l'Elysée à Paris.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le 23 décembre 2009, sur le perron de l'Elysée à Paris. — B. TESSIER / REUTERS

POLITIQUE

Bernard Kouchner assure Nicolas Sarkozy de sa «loyauté»

En partance du Quai d'Orsay, le ministre des Affaires étrangères joue les équilibristes...

Bernard Kouchner ne dément pas ses propos, mais tente d'arrondir les angles. «Je souhaite réaffirmer que mes rapports avec le chef de l’Etat ont toujours été empreints de loyauté et de sincérité. Je reste pleinement engagé dans la mise en œuvre de la politique étrangère de la France, telle que définie par le président de la République, conformément à la pratique institutionnelle de la Ve république», déclare le ministre dans un communiqué publié mercredi soir.

Dans son édition à paraître jeudi, Le Nouvel Observateur, qui a pu consulter la lettre de démission adressée par Bernard Kouchner à Nicolas Sarkozy en août, laisse pourtant entrevoir un ton différent. Invoquant l'«inflexion sécuritaire» du gouvernement cet été, il dit prend acte de «la fin de l'ouverture» à gauche opérée par Nicolas Sarkozy depuis 2007.

«Humiliations»

Homme de gauche dans un gouvernement de droite, Bernard Kouchner dénonce aussi des «humiliations» venues «des conseillers» du président, précise l'hebdomadaire. En ligne de mire figurent Claude Guéant, secrétaire général de la présidence, et Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du chef de l'Etat. Ces deux responsables multiplient les missions à l'étranger, limitant d'autant le champ d'action du chef de la diplomatie.

Pour le président du MoDem, François Bayrou, les difficultés exprimées par Bernard Kouchner viennent d'une présidence qui «prend tous les pouvoirs». Le socialiste Manuel Valls a dit pour sa part «avoir du mal à comprendre» l'attitude d'un ministre qui «reste au gouvernement tout en laissant entendre qu'il pourrait partir».

Nouveau poste?

Son départ pourrait intervenir à l'occasion du remaniement gouvernemental annoncé pour novembre, voire avant s'il était nommé «Défenseur des droits», un nouveau poste à pourvoir prochainement. Ce poste, que lui aurait proposé début août Nicolas Sarkozy, selon Le Nouvel Observateur, doit remplacer celui de Médiateur de la République. Son titulaire supervisera trois institutions: Défenseur des enfants (créé en 2000), Commission nationale de déontologie de la Sécurité (CNDS, 2000) et la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité).

Estimez-vous que Bernard Kouchner devrait appliquer la méthode Chevènement et claquer la porte? Dites-le nous ci-dessous.