Bouclier fiscal, niches fiscales, retraites: Fillon fait le point

POLITIQUE Dimanche soir sur M6, le chef du gouvernement s'est dit favorable à une suppression du bouclier fiscal et a annoncé des aménagements sur le texte des retraites...

M.P. avec AFP

— 

François Fillon à Matignon.
François Fillon à Matignon. — E. Piermont/AFP

Le Premier ministre, qui montre tous les signes d’un futur départ de Matignon, a rarement été aussi présent dans les médias. Après une interview très remarquée au JT de 13h de France 2 la semaine dernière, François Fillon était l’invité de l’émission Capital sur M6, dimanche soir,  consacrée aux retraites, où il s’est à nouveau distingué par son franc-parler. En plateau, il a assuré que la suppression du bouclier fiscal – totem de la majorité - et de l'impôt sur la fortune (ISF) avant la présidentielle de 2012 n'était pas «un sujet tabou», la conditionnant cependant à «une réforme fiscale d'ensemble» qu'il envisage en 2011. La disparition de l'ISF et du bouclier fiscal, «ce n’est pas un sujet tabou, rien n’est tabou».

«2011 peut être le bon moment pour engager une grande réflexion sur la fiscalité», a-t-il jugé, précisant qu’elle sera «amorcée» par le rapport de la Cour des comptes sur les convergences des fiscalités françaises et allemandes demandée par Nicolas Sarkozy. Se disant toutefois «réservé sur un ‘grand soir’ fiscal», le Premier ministre a assuré que «sur la durée, la priorité, c’est la baisse de la dépense publique».

«Bien sûr»

Quant au coup de rabot sur les niches fiscales prévues dans le projet de budget 2011, François Fillon a reconnu, contredisant ainsi clairement plusieurs ministres de son gouvernement dont Christine Lagarde et François Baroin, qu’il revenait «bien sûr» à une augmentation d'impôts, comme le soutient l'opposition. «Je l’ai toujours dit. C’est une augmentation d’impôts, bien sûr, mais ce n’est pas une augmentation généralisée et cela correspond à une liberté de choix», s’est-il justifié. «Simplement, je dis qu’aujourd’hui la proposition qui est faite par plusieurs élus de la majorité (...) cela représente 3 milliards d’euros de recettes de moins pour l'Etat», a-t-il expliqué. Mais, «dans la situation financière qui est la nôtre, je n’accepterai jamais que l’on supprime une recette de 3 milliards d’euros».

Les manifestants «se trompent»

Le chef du gouvernement est également revenu sur les manifestations contre la réforme des retraites qui ont eu lieu samedi dans toute les France, estimant que ceux qui défilent «se trompent». S’il n’a pas souhaité revenir sur les détails du texte, il a concédé que quelques «aménagements possibles» pourront voir le jour, notamment pour les femmes nées avant les années 60 avec «des carrières souvent courtes» et «des différences de rémunérations importantes avec les hommes». «Il y a toujours des aménagements possibles, mais il y a un principe de base contre lequel la plupart de ceux qui manifestaient hier continuent de s'opposer, c’est l'allongement (...) à 62 ans» du départ en retraite aujourd'hui fixé à 60 ans, a déclaré le Premier ministre.

Pour les femmes, donc, le gouvernement réfléchit «à des dispositifs qui permettraient de venir en aide à celles qui sont les plus touchées par ces inégalités de carrière, comme les mères de famille nombreuses».

Après avoir été voté le 15 septembre à l’Assemblée, le texte arrive mardi au Sénat. Les sénateurs «travaillent en toute liberté», a assuré François Fillon. «Simplement nous leur avons fixé une limite de ce que le gouvernement peut accepter, à savoir d’un côté le respect de l'égalité hommes-femmes, de l’autre côté, ne pas remettre en cause l'équilibre financier de la réforme», a-t-il cependant prévenu. Une réforme des des retraites qui lui tient à coeur car elle sera, certainement, son dernier texte d'importance défendu en tant que Premier ministre.