François Bayrou en révolutionnaire

POLITIQUE Le leader du MoDem promet «trois révolutions» pour changer la société française...

M.P. avec AFP

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GERARD JULIEN/AFP

A 18 mois de la présidentielle, François Bayrou a endossé ses habits de candidat perpétuel, débarrassé, enfin, des élections intermédiaires qui ont éreinté son parti. Désormais, le président du MoDem est tourné franchement vers 2012, la preuve avec le discours programmatique d’une heure trente qu’il a tenu dimanche midi, devant 600 de ses partisans, en clôture de l’université de rentrée de son parti, dans le Var. Sous le soleil de la presqu’île de Giens, dos à la mer, le leader centriste a promis «trois révolutions» pour «changer la conception et la perception de la vie politique française» en 2012: celle de la vérité, de la simplicité et de la démocratie.

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«Il faut de la vérité. Ce n'est pas seulement un vertu morale, c'est une philosophie de l'action», a-t-il expliqué posant les bases idéologiques de l’action qu’il entend mener. «Nous sommes du côté de ceux qui ont choisi de considérer les citoyens comme des égaux et non pas comme des benêts qu'on entraîne par le bout du nez en leur racontant des histoires», a-t-il lancé, citant l’exigence d’être clair sur «la dette» ou «les retraites».

«Eté meurtrier»

«Il faut (aussi) de la simplicité», a poursuivi François Bayrou car «les grandes entreprises sont toujours simples, compréhensibles» pour que «les peuples les entendent et y adhérent», a-t-il fait valoir.  Il a d’ailleurs cité deux chantiers prioritaires: «éduquer les enfants» et «reconquérir la production pour la relocaliser si possible en France». Enfin, a-t-il dit, il faut «réconcilier la République avec la démocratie». Il a plaidé pour une «séparation des pouvoirs législatifs et exécutifs», promettant de reconstruire la fonction présidentielle pour que «l'Elysée soit la maison de tous les Français» et non celle d'un parti comme l'UMP.

Car si François Bayrou pense à l’avenir, il ne peut s’empêcher d’adresser des piques à Nicolas Sarkozy. «On a le droit à un gouvernement équitable qui considère que les riches doivent assurer leur part de la solidarité, qui croit à autre chose qu'à la puissance des plus gros, au culte de l'arrogance et de l'argent», a-t-il martelé. «Les Français ont droit à un gouvernement qui les représente avec honneur dans le concert des Nations, qui ne multiplie pas les jugements méprisants et agressifs», qui soit «équilibré» ou "le déblocomètre" ne marche pas à plein tube», a-t-il ajouté, évoquant un «été meurtrier» avec la séquence sécuritaire, des Roms et l’affaire Bettencourt.

«Serein et apaisé», François Bayrou a rameuté ses troupes, toutes tournées vers 2012. Son objectif depuis 2007