Enquête sur les fuites: «Le Monde» accuse «sans preuve» selon Bertrand

M.P. avec AFP

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L.VENANCE / AFP

Si lundi l’UMP n’avait pas souhaité commenter l’affaire, «on n'a pas l'habitude de commenter une action de justice en cours», assurait Frédéric Lefebvre, le ton a changé mardi matin. C’est Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti majoritaire qui est monté au créneau mardi matin sur France info, pour dénoncer Le Monde, un journal qui selon lui porte des «accusations sans aucune preuve». Le quotidien du soir avait affirmé lundi que l’Elysée avait violé le secret des sources d’un de ses journalistes pour identifier son informateur dans le cadre de l’embarrassante affaire Woerth-Bettencourt.

«Tout ce qui a été dit, écrit par le Journal Le Monde, c'est sans aucune preuve», a insisté Xavier Bertrand, ajoutant: «Quand on est un journal, même Le Monde, quand on s'adresse à l'Elysée, on n'a pas le droit d'accuser sans preuve». Pourtant, lundi soir, Eric Fottorino, le directeur de la rédaction, a assuré avoir des «preuves» et annoncé que le journal allait porter plainte contre X pour violation du secret des sources. «On a eu les preuves que le pouvoir avait ordonné une enquête, une enquête hors de tout cadre juridique, une enquête sauvage pour essayer de distinguer, de détecter d'où venait la fuite. Concrètement c'est le contre-espionnage et c'est là que c'est tout à fait illégal, tout à fait anormal. Ce n'est pas une enquête judiciaire, ni administrative».

Climat tendu avec les médias

«L'Elysée a démenti, il n'y a pas eu intervention de l'Elysée», a encore défendu le patron de l'UMP, soulignant en revanche «une infraction très grave de la part d'un conseiller au ministère de la Justice, d'un haut fonctionnaire». Ce haut-fonctionnaire, identifié par la DCRI comme l’auteur des fuites, a été muté à Cayenne.

Xavier Bertrand a enfin dénoncé «l'exploitation politique qui est faite par le Parti socialiste, par le Parti communiste» de cette affaire. «Il y a une enquête préliminaire qui est engagée. Laissons faire les choses! Pourquoi un journal comme Le Monde se permet d'accuser sans preuve, pourquoi une telle agressivité?», a-t-il encore demandé, alors que le climat entre l’exécutif et la presse se tend, notamment autour de l’affaire Woerth-Bettencourt.