L'élection municipale de Corbeil-Essonnes annulée?

POLITIQUE C'est ce qui est recommandé au Conseil d'Etat, qui doit statuer d’ici la fin du mois...

M.P. avec AFP

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Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter à Corbeil-Essonnes le 27 septembre 2009
Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter à Corbeil-Essonnes le 27 septembre 2009 — CHAMUSSY/SIPA

L’élection municipale de Corbeil-Essonnes, remportée en octobre 2009 par le bras droit de Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter, pourrait être annulée. C’est le sens d’une recommandation du rapporteur public, lundi, au Conseil d’Etat. La décision devrait être rendue d'ici à la fin du mois. Le rapporteur public, magistrat chargé de dire le droit devant la plus haute juridiction administrative, a demandé que soit confirmé le jugement du tribunal administratif de Versailles -qui avait annulé cette élection le 26 mars dernier- et que soit rejetée la requête du maire, Jean-Pierre Bechter, qui avait déposé un recours devant le Conseil d’Etat le 26 avril dernier.

Le magistrat a souligné que le tribunal administratif de Versailles «a manié les bons critères», s'agissant «d'éviter toute confusion sur l'identité du candidat». En effet, l'élection municipale partielle d'octobre 2009 avait été annulée en mars dernier en raison de la présence sur le bulletin de vote de Jean-Pierre Bechter de la mention «secrétaire général de la fondation Serge Dassault», une indication de nature de nature à créer une confusion dans l’esprit de l’électeur d’après le tribunal. Le rapporteur public a également pointé le fait que seules 27 voix sur 10.353 séparaient les deux candidats, Jean-Pierre Bechter (UMP) et Michel Nouaille (PCF).

Serge Dassault en embuscade

Si le Conseil d'Etat suit l'avis du rapporteur public, la ville de Corbeil-Essonnes vivra dans les mois qui viennent ses troisièmes élections municipales depuis 2008. Jean-Pierre Bechter refuse pourtant de dramatiser et qualifie les recommandations du rapporteur de «très très très nuancées». «Je suis serein, j'attends la décision», a-t-il déclaré, soulignant qu'en cas de nouvelles élections, «on leur mettra une cinquième tannée», à la gauche. Bruno Piriou, opposant (PCF), estime qu' «a priori, on va vers de nouvelles élections municipales», qui pourraient «permettre de mettre un terme à ce système».

Si une élection partielle avait été convoquée en octobre 2009, c’est parce que Serge Dassault, maire de la ville depuis 1995, avait été déclaré inéligible en raison de «dons d’argent» qu’il conteste. L'élection municipale de mars 2008 avait alors été annulée. D’autant que Bruno Piriou, candidat en 2008, avait lui aussi été déclaré inéligible jusqu'en juin dernier, en raison du rejet de ses comptes de campagne. Mais ce nouvel aléa électoral pourrait aboutir à un retour de Serge Dassault. En effet, rééligible depuis juin 2010, il a annoncé le 4 septembre qu’il serait candidat en cas d’élections.