«Le Monde»/L'Elysée: Eva Joly parle de «Sarkogate», l'UMP ne fait aucun commentaire

REACTIONS Le quotidien a porté plainte dans le cadre de l’affaire Bettencourt...

C. F. avec AFP

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BISSON / JDD / SIPA

«Nous avions une affaire Bettencourt qui est devenue une affaire Woerth qui devient Sarkogate», s’est indignée Eva Joly lundi aprèsque Le Monde a porté plainte contre X, accusant l'Elysée d'avoir violé le secret des sources d'un de ses journalistes travaillant sur l'affaire Woerth/Bettencourt. . «C'est extrêmement grave, c'est une atteinte à la liberté de la presse et c'est surtout confondre la notion des intérêts de l'Etat avec les intérêts personnels d'un parti et de quelques hommes comme M. Sarkozy et M. Woerth», a poursuivi l’eurodéputée Europe Ecologie, ancienne juge d’instruction, réclamant, que «la lumière soit faite».

Une nouvelle étape «dans le délabrement de notre démocratie». C’est ainsi que Marie-George Buffet (PCF) a qualifié ce lundi l’affaire qui oppose le Monde à l’exécutif.  «Ce coup fait mal à la République puisqu’il viole la liberté de la presse. Si la main de la présidence de la République se confirmait, nous serions en présence d’une affaire d’Etat. Et ceux qui auraient ainsi bafoué notre démocratie devraient en tirer les conséquences que dicte le respect de la République», conclut la députée PCF de Seine-Saint-Denis.

Le Monde «mis sur écoutes»?

Benoît Hamon a demandé pour sa part que «toute la lumière soit faite» sur «la réalité ou pas d'écoutes téléphoniques qui auraient pu justifier la mise à l'écart de ce magistrat du cabinet de Mme Alliot-Marie» Et «nous demandons à savoir si oui ou non le journal Le Monde a été mis sur écoutes dans le cadre de cette affaire», a affirmé le porte-parole du PS lors de son point de presse hebdomadaire au siège du parti.
 
«Quand il s'était agi de transmettre en direct les PV de l'audition de l'ex-comptable de Mme Bettencourt, aucune enquête n'avait été diligentée par les renseignements intérieurs pour savoir qui en direct transmettait les PV à décharge pour M. Woerth!», s'est-il exclamé, jugeant qu'il y avait là «deux poids, deux mesures».
 
«Dans cette affaire, le gouvernement est probablement lui même à la source d'une violation du secret d'instruction, ce qui le rend assez illégitime dans ses enquêtes quand il s'agit de savoir qui, autour de Mme Alliot-Marie ou au parquet, a pu révéler des éléments du dossier qui concernent M. de Maistre et M. Woerth», a-t-il encore dit.

L’UMP ne veut pas «commenter une action de justice en cours»

L'UMP, de son côté, n'a pas souhaité lundi commenter les affirmations du Monde. «On n'a pas l'habitude de commenter une action de justice en cours», a déclaré le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, interrogé lors de son point-presse hebdomadaire. «En l'occurrence, a-t-il expliqué, dans cette affaire il faut se souvenir qu'il y a déjà une plainte pour viol du secret de l'enquête, et qu'une action en justice est déjà en cours. Il ne m'appartient pas de la commenter», a-t-il ajouté.

Le parquet de Paris a en effet ouvert une enquête préliminaire le 4 août à la suite d'une plainte pour violation du secret de l'enquête déposée par l'ex-avocat fiscaliste de Liliane Bettencourt, Fabrice Goguel, qui avait été placé en garde à vue en juillet. Des investigations ont été confiées à l'Inspection générale des services (IGS, police des polices).