Pour Alain Juppé, l'élection serait «extrêmement difficile» si l'on votait demain

avec AFP

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L'ancien Premier ministre et patron de l'UMP Alain Juppé estime que si les Français votaient demain pour élire leur président l'élection serait «extrêmement difficile» pour la droite, et plaide pour «un changement de méthode» de gouvernance et de «priorité».

«La popularité du président de la République et celle du Premier ministre ne sont pas très élevées», déclare-t-il dans le journal La Croix à paraître lundi. Et «si l’on votait demain, l’élection serait extrêmement difficile», ajoute-t-il.

«La sécurité, c’est important mais ce n’est pas la préoccupation prioritaire des Français» 

Selon lui, «pour remonter la pente, il faut un changement de méthode. Le président de la République ne peut pas monter au créneau sur tous les sujets. Il faut que le gouvernement et les ministres assurent ce rôle, même si les choix essentiels reviennent au chef de l’État».

Il ajoute que «la sécurité, c’est important mais ce n’est pas la préoccupation prioritaire des Français. La vraie inquiétude, c’est la situation économique, l’emploi, le pouvoir d’achat».

«J’ai dit que j’étais prêt à servir mon pays»

Alors qu'il est question de son possible retour au gouvernement, éventuellement au Quai d'Orsay, il précise qu’«on (lui) en a parlé».

 «J’ai dit que j’étais prêt à servir mon pays et que ça dépendrait d’abord du président de la République. N’anticipons pas», ajoute-t-il.

 «Attaquer le président de la République avec véhémence, ce n’est pas quelque chose qui peut nous faire gagner» 

Dominique de Villepin, qui est un de ses amis, a-t-il l’étoffe d’un chef d’État? «Je n’en sais rien. L’avenir le dira», répond Alain Juppé.

«En tout cas, je ne partage pas aujourd’hui sa ligne politique. Créer un parti en dehors de l’UMP, attaquer le président de la République avec véhémence, ce n’est pas quelque chose qui peut nous faire gagner», avertit l'ancien chef du gouvernement.