Pour Villepin, on peut «améliorer» la réforme des retraites

POLITIQUE Une nouvelle voix discordante à droite...

avec AFP

— 

Moins de 20  % des Français reconnaissent une carrure de « bon président » à Villepin.
Moins de 20  % des Français reconnaissent une carrure de « bon président » à Villepin. — FACELLY / SIPA

Dominique de Villepin a estimé dimanche sur Canal+ que le projet de réforme des retraites pouvait être «amélioré» en prenant en compte «l'exigence de justice», et en revenant notamment sur le recul du seuil de la retraite à taux plein, porté de 65 à 67 ans. 

«2012 se jouera en grande partie sur l'égalité et la justice» et «il y a des victoires d'un jour qui se paient le lendemain», a-t-il averti.

 «50% des femmes seront obligées de travailler jusqu'à 67 ans. Ce n'est pas acceptable»

Revenant sur le fond de la réforme, il a ajouté qu'il aurait «privilégié l'augmentation du nombre d'annuités sur la prolongation (à 62 ans) de l'âge légal». «Il faut aller plus loin en matière de justice sociale» et «le seuil de la retraite à taux plein porté de 65 à 67 ans doit être révisé».

Selon lui, passer de 65 à 67 ans, «c'est frapper les plus faibles, ajouter de la précarité». Cette mesure pénalise, a-t-il expliqué, «les carrières discontinues» et «surtout les femmes». «50% des femmes seront obligées de travailler jusqu'à 67 ans. Ce n'est pas acceptable», a-t-il dit.

Faire payer les plus riches

«Le financement de la réforme actuelle est injuste, il se fait à l'avantage des plus riches. Il est donc tout à fait normal qu'il soit corrigé», a ajouté l'ex-Premier ministre.

Il a notamment plaidé «pour un petit effort supplémentaire sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu», pour trouver «7 milliards (...), quitte à solliciter les revenus du capital», comme les «stock-options» par exemple.

«Le régime par répartition qui fera les frais de cette réforme»

Faire financer cette réforme par «les plus faibles» aura une «conséquence»: «au bout du compte, c'est le régime par répartition qui fera les frais de cette réforme, parce que quand vous êtes dans la situation des plus précaires, des polypensionnés (...), vous avez intérêt à terme à sortir du système», a-t-il ajouté.

«Le gouvernement a le choix, a poursuivi le président de République solidaire, soit empocher la réforme politiquement de façon comptable --sachant tout de même que cette réforme ne sera satisfaisante que jusqu'en 2018-- ou alors reprendre cette réforme, l'améliorer de façon concertée, enfin avec un peu de négociation!»

Croit-il à la pression de la rue? «Moi, je l'ai vécue» (à Matignon,ndlr), a-t-il répondu en allusion aux manifestations contre le CPE en 2006. «Je prends en compte l'expérience et je tire les leçons».