Maxime Gremetz: «Je n'avais jamais vu une telle violence»

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Le député Maxime Gremetz à l'Assemblée nationale en mai 2010.
Le député Maxime Gremetz à l'Assemblée nationale en mai 2010. — AFP PHOTO/JACQUES DEMARTHON

Le député apparenté communiste Maxime Gremetz affirme avoir été frappé par les CRS mardi, à la fin de la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris. Face à ces accusations, les forces de l’ordre ont nié, répliquant que «la personnalité politique s’est laissée tomber» et «sentait fortement l’alcool». Le député de la Somme met les choses au point.

Que s’est-il passé mardi soir?
Il devait être 19h30 ou 20h, la manifestation était terminée. Quelques groupes de jeunes discutaient calmement sur les trottoirs, échangeaient leurs impressions sur la manif. Ils ne gênaient personne, mais les CRS ont chargé. Moi j’attendais un taxi pour retourner à l’Assemblée nationale, et on vient me dire «ça bastonne là-bas». Je me retourne et je vois les CRS arriver en courant.

Qu’avez-vous fait?
J’ai demandé «de quel droit vous tapez sur ces gens?» Mais ils ont chargé à nouveau. Les gens criaient «c’est un député» mais ils m’ont tapé dessus. J’ai pris des coups de pieds, de matraques, de boucliers... Je n’avais jamais vu une telle violence. Je suis tombé au sol, et je suis resté inanimé plusieurs minutes. Les CRS n’ont pas bougé, ce sont les gens qui ont appelé les secours.

Vous avez donc été pris en charge?
Oui, les pompiers sont venus. Puis le directeur du Samu de Paris, Pierre Carli, un ami, est venu avec une équipe. A ma demande, il m’ont transporté au cabinet médical de l’Assemblée nationale. Le médecin m’a examiné, ma tension était très élevée. C’est la première fois que je fais ce genre de malaise.

Les forces de l’ordre disent que vous sentiez l’alcool et que vous vous êtes laissé tomber...
C’est un comble, je ne bois pas une goutte d’alcool! Ils disent toujours ça quand il y a ce genre de problèmes. Mais comme je suis prévoyant, j’ai demandé à ce qu’on me fasse les prises de sang pour pouvoir prouver que je n’avais pas bu. Un journaliste de France 2 était là, il a filmé la scène de A à Z et a même interviewé un témoin. Par souci de transparence et de clarté, j’aimerais que cette chaîne publique diffuse les images.

(Contactée par 20minutes.fr, la chaîne n’a pas été en mesure de confirmer ni d’infirmer les affirmations de Maxime Gremetz.)

Quelles suites comptez-vous donner à cette affaire?
Mercredi, je suis intervenu à l’Assemblée dans le cadre du débat sur les retraites. J’ai informé le gouvernement et les députés de cet incident. Dans le climat actuel, frapper des gens qui n’ont rien fait, c’est une atteinte insupportable à la liberté. A titre personnel, ma plainte est en préparation. Mais malgré quelques douleurs et courbatures, je vais bien.