Woerth serait bien intervenu dans l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre

POLITIQUE Une lettre signée de sa main pourrait contredire la version de l'actuel ministre du Travail...

B.D.
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Le ministre du Travail Eric Woerth, à la sortie du premier conseil des ministres après les vacances d'été, à Paris le 25 août 2010.
Le ministre du Travail Eric Woerth, à la sortie du premier conseil des ministres après les vacances d'été, à Paris le 25 août 2010. — SIPA / AP / Jacques Brinon

Une lettre qui prouverait qu'Eric Woerth est bien intervenu dans l'octroi, en juillet 2007, de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre. Le site du magazine L’Express affirme ce mardi matin qu’un courrier de ce genre a été saisi à la mi-août, lors d'une perquisition.

Une lettre signée d'Eric Woerth lui-même

Selon les informations de lexpress.fr, «le procureur Courroye et les policiers de la Brigade financière disposent aujourd'hui (…) d'une lettre signée d'Eric Woerth lui-même, datée du début du mois de mars 2007».

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Cette lettre est adressée à Nicolas Sarkozy, alors locataire de la place Beauvau, et est rédigée sur du papier à en-tête d'une association de soutien à l'action du futur chef de l’Etat. Eric Woerth y recommande Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, grand donateur de la campagne présidentielle 2007 et patron de sa femme, Florence Woerth, pour l'obtention de cette décoration.

Le ministre persiste et signe

Ce courrier viendrait donc contredire ce que l’actuel ministre du Travail a toujours affirmé, y compris à la police judiciaire le 29 juillet dernier lorsqu'il a été interrogé dans l'enquête sur un éventuel trafic d'influence autour de cette décoration: il n'est intervenu à aucun moment. «Avec ce document, l'hypothèse d'une récompense pour ses bons et loyaux services prend corps», affirme le site de l’hebdomadaire, qui prédit une nouvelle audition d’Eric Woerth, «désormais inévitable».

Eric Woerth, qui est présent ce mardi au campus de l’UMP qui se tient à Port-Marly, dans les Yvelines, malgré ces révélations, a indiqué à 20minutes.fr: «Tous les jours, j’ai [droit à] une pseudo révélation. C’est une vraie entreprise de démolition à une semaine du débat sur les retraites. On cherche à me salir, je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai rien fait de mal, je n’ai pas menti à la police, je n’ai pas menti aux Français.»