Emplois fictifs de la Ville de Paris: Bertrand va saisir le bureau de l'UMP pour le remboursement

POLITIQUE Le secrétaire général du parti met en avant la solidarité du parti avec Jacques Chirac...

M.P. avec AFP

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Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, le 21 mars 2010 à Paris.
Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, le 21 mars 2010 à Paris. — SIPA

Un nouveau cap va être franchi dans le règlement de l’affaire dit des «emplois fictifs». Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, a annoncé ce lundi qu’il proposerait au bureau politique de son parti «la prise en charge des emplois qui étaient utilisés par le RPR» dans le cadre du projet d’indemnisation de la ville de Paris. «Je suis persuadé que très prochainement, certainement dans les jours qui viennent, s'il y a bien accord entre les avocats de Jacques Chirac et les avocats de la Mairie de Paris, [cette dernière] sollicitera le Mouvement populaire afin de savoir s'il compte intervenir et prendre en charge une partie des frais liés à ces emplois», a expliqué Xavier Bertrand sur Europe 1.

«Dans ces conditions-là, je réunirai dans les jours qui suivront un bureau politique, parce que je pense que c'est une décision politique importante et que cela doit se faire au nom de la transparence, et je proposerai, en tant que secrétaire général, la prise en charge des emplois qui étaient ceux utilisés à l'époque par le RPR», a ajouté l’ancien ministre du Travail. Il a justifié cette décision par la «vocation» de l'UMP «à être solidaire avec Jacques Chirac».

«Au nom de la transparence»

Pour l’instant, a ajouté Xavier Bertrand, l’UMP n’a «pas été saisie par la Mairie de Paris d'une demande de prise en charge au titre de ces emplois». Le Canard Enchaîné avait révélé mercredi le projet d'accord - confirmé par la mairie et un avocat de Jacques Chirac – selon lequel la facture des emplois fictifs estimée à 2,2 millions d'euros sera remboursée aux trois-quarts par l'UMP et pour un quart par l'ancien chef de l'Etat. Avec ce règlement à l'amiable, la Ville retirerait sa constitution de partie civile lors du procès prévu pour la fin de l’année 2010 ou début 2011. Ce règlement de l’affaire va parfaitement à François Fillon. «Si la question est posée à l'UMP, je souhaite que l'UMP y réponde favorablement», a-t-il fait valoir ce lundi sur France inter, faisant remarquer que «cette décision n'éteindra pas l'action pénale» et que le procès aura quand même lieu.

Le Premier ministre en a profité pour saluer Bertrand Delanoë: «c'est une mesure qui est juste et qui honore Bertrand Delanoë». «Les Français souhaiteront dans leur immense majorité qu'on lui laisse couler des jours tranquilles», a-t-il assuré. L’ancien maire de Paris est poursuivi pour «détournements de fonds publics» et «abus de confiance» pour 21 emplois de complaisance présumés payés entre octobre 1992 et mai 1995 pour le cabinet du maire de Paris.