Manuel Valls: «J'ai la capacité à être président de la République»

INTERVIEW Le maire PS d'Evry explique pourquoi il maintiendra sa candidature aux primaires...

Propos recueillis par Maud Pierron

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Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, à La Rochelle pour l'université d'été du Parti socialiste, samedi 28 août 2010.
Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry, à La Rochelle pour l'université d'été du Parti socialiste, samedi 28 août 2010. — AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

Diriez-vous comme Laurent Fabius que cette université d'été est «un bon cru»?
C'est un meilleur cru que celui de l'année dernière, incontestablement. Il y a une bonne ambiance et une envie de préparer l'avenir.

Vous êtes candidat aux primaires déclaré, les sondages ne vous sont pas favorables...
Faisons attention aux sondages. Je voudrais rappeler cet épisode de 1994 où Jacques Chirac était mort politiquement: il est remonté tout seul avec sa bite et son couteau, en publiant un petit livre, et il a fini par l'emporter. Ça m'agace qu'un sondage qui donne l'un des nôtres gagnant à 59% (pour DSK, ndlr) soit conçu comme argent comptant. Faisons attention, ne méprisons pas les échéances électorales. Ça vaut pour la présidentielle, ça vaut pour les primaires aussi. Si nous organisons des primaires, c'est pour que les citoyens puissent choisir, c'est pourquoi je suis déterminé à être candidat.

Qu'apportez-vous de différent par rapport aux autres candidats?
Je pense que je peux représenter une génération. Et on a besoin  de ce renouvellement. Je peux incarner ces élus de terrain, cette gauche moderne qui dit la vérité sur les finances publiques, qui dit que tout ne pourra pas être prioritaire, qui invente une fiscalité nationale et locale, qui soit juste et efficace, mais aussi une gauche populaire qu'on doit incarner, en parlant d'immigration, en traitant les questions de sécurité, en disant qu'à l'école ça ne va pas car il y a l'échec scolaire qui touche d'abord les couches populaires. C'est ce que je veux apporter: un langage clair, de vérité et une grande détermination à affronter les problèmes des Français.

C'est ce qui manque au PS aujourd‚hui?
Je ne m'oppose pas à des socialistes. Je ne suis pas candidat en fonction des autres candidatures, je ne renoncerai pas en fonction d'autres candidatures. J'ai la capacité à être président de la République, à porter des sujets qui concernent le pays. J'aime ce pays et je crois que je peux incarner le renouvellement face aux anciens ministres de François Mitterrand et Lionel Jospin.

La sécurité, c'est votre thème, vous allez axer votre campagne dessus?
C'est un thème qui s'impose plus que jamais dans la société et qui s'impose aujourd'hui dans le Parti socialiste. J'en parlerai dans les semaines qui viennent, mais pas seulement: il y a également la rentrée sociale et la rentrée scolaire à aborder. Mais à l'évidence, je serai extrêmement présent sur ces questions de sécurité, de justice et de prévention car je veux que nous soyons définitivement au clair sur ces sujets-là. Nous pouvons être crédibles. Et ce que je souhaite, c'est que la gauche soit encore plus crédible que la droite qui a échoué sur ce sujet comme sur tous les autres.