Université d'été du PS: DSK, l'absent qui fait jaser

POLITIQUE Ses bons sondages agacent et sa posture d'absent présent irrite certains de ses camarades...

A La Rochelle, Maud Pierron

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Le mandat de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI expire en octobre 2012.
Le mandat de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI expire en octobre 2012. — B. PIOTR / ENPOL / SIPA

De notre envoyée spéciale à La Rochelle

Avec ses 59% des voix au second tour contre Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, c’est «le choc», comme le titre Le Nouvel Observateur dans son édition de jeudi. Le directeur du FMI écraserait Nicolas Sarkozy en 2012 selon un sondage TNS Logica pour l’hebdomadaire. Une bonne nouvelle pour le PS, mais le «choc» engendre quelques éclaboussures du côté de La Rochelle, où est réuni le Parti socialiste pour ses universités d’été. «59%, tous ceux qui s’intéressent un peu à la politique savent qu’on est dans le rêve», grince Manuel Valls, auprès de quelques journalistes. «Il y a un désir de gauche, une envie de gauche de la part des Français mais aussi un scepticisme sur la capacité de faire autrement. Il reste beaucoup de travail», explique le député-maire d’Evry, en jean et chemise blanche.

Lui-même est candidat aux primaires, car il veut «incarner une gauche moderne et populaire». Et les sondages de DSK, ça l’agace. «Il est peut-être favori des sondages, mais il n’y a pas de favoris pour les primaires. C’est ouvert, c’est évident, sinon pourquoi convoquer des primaires», demande-t-il. Et l’élu d’estimer qu’il y a de la «place» pour lui dans le processus: «Je pense que j’ai quelque chose à représenter» et surtout, il en a «envie», lâche-t-il. Une pierre dans le jardin de DSK qui passe pour beaucoup hésiter sur son éventuelle candidature. «J‚aime ce pays, j’ai envie de le diriger, il faut le dire aux Français», enfonce-t-il. Et de conclure, au sujet de DSK: «Le PS ne peut être lié à une hypothétique candidature».

DSK «piégé»?

A quelques mètres du député-maire d’Evry, Benoît Hamon, invité à réagir sur Dominique Strauss-Kahn lâche: les primaires, «ce n’est pas une partie de poker. S’il vient qu’il parle». Le porte-parole du Parti socialiste rappelle, très détendu, qu’il y a un «calendrier à respecter» et que s’il veut se présenter, il devra se décider au mois de juin au plus tard.

Le calendrier, justement, fait toujours l’objet de  débats. Ce vendredi matin, François Hollande, également candidat potentiel à la primaire, a dit ne pas être contre une accélération du calendrier. «J'ai toujours dit que le plus tôt serait le mieux pour définir la procédure (des primaires) et que chacun connaisse la règle du jeu. Si on doit accélérer pourquoi pas, moi je n'ai pas là d'exigence particulière», a expliqué l'ex-numéro un du PS, alors que Martine Aubry a annoncé dans un livre, Petits meurtres entre camarades, qu’elle se déciderait avant la fin de l’année.

Un nouveau tempo qui ne plaît pas aux partisans de DSK. «Un certain nombre de gens cherchent à piéger Dominique Strauss-Kahn, c'est évident, en avançant par exemple le calendrier», a jugé sur Europe 1 Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon. Agacé, il estime que si Marine Aubry «annonce sa propre candidature avant que Dominique Strauss-Kahn soit en capacité de dire si effectivement il est candidat ça veut dire que (celui-ci) se trouve piégé». C’est bien tout le problème de Dominique Strauss-Kahn, coincé à Washington, interdit de parole sur les affaires politiques françaises. Une position souvent présentée comme un avantage, puisque le directeur du FMI n’abîme pas son image dans les querelles intestines socialistes. Mais qui s’avère délicate à mesure que l’échéance approche.

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