Royal se démarque sur le thème de la sécurité

POLITIQUE La socialiste remet au goût du jour son «ordre juste» alors que le thème pourrait susciter des débats ce week-end à La Rochelle...

Maud Pierron

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Ségolène Royal à New York, le 21 juin 2010.
Ségolène Royal à New York, le 21 juin 2010. — AFP PHOTO/Emmanuel Dunand

Le retour de «l’ordre juste» de Me Sécurité. A quelques jours de la rentrée politique du PS, à l’université d’été de La Rochelle, Ségolène Royal fait sa rentrée médiatique. Sur le terrain de la sécurité, taclant tout à la fois le gouvernement et remettant sur le tapis les idées qu’elle avait avancées durant la campagne présidentielle de 2007. «De qui se moque-t-il», attaque-t-elle dans un entretien au Parisien, au sujet de Brice Hortefeux, qui s’en est pris à «la gauche milliardaire», incapable de proposer des idées sur l’insécurité. D’après la présidente de la région Poitou-Charentes, la «politique» de Nicolas Sarkozy «n’est en rien sécuritaire. Au contraire, elle produit de la violence», assure-t-elle, soulignant que les «agressions sur les personnes ont massivement augmenté depuis huit ans».

Pour autant, reconnaît la socialiste, «chaque fois que la gauche dénonce la politique sécuritaire de Sarkozy, ce dernier marque des points». Et si la direction du PS a refusé de répondre à Sarkozy sur le sujet à chaud, ce que Ségolène Royal approuve – «je ne tomberai pas dans le piège d’une polémique sur le sujet car c’est tout l’objectif recherché» - elle rappelle avec force avoir fait des propositions en 2007 – parfois vivement critiquées au sein du PS à l’époque – en la matière.

Critique contre «la ligne laxiste»

«Des propositions très claires sur la sécurité durable et l’ordre juste», insiste-t-elle, dont «la nécessité de prévention, avec l’encadrement scolaire des jeunes, l’importance de donner des moyens à la police et la justice pour agir contre le grand banditisme et enfin le besoin d’une alternative à la prison pour les mineurs délinquants», ainsi que la proposition d’encadrement militaire des jeunes délinquants. «Au lieu de fermer les régiments comme le gouvernement le fait actuellement, il faut repenser l’utilisation de ces lieux d’éducation et d’encadrement pour permettre aux jeunes de se remettre sur les rails», argue-t-elle. «Ce qui se passe aujourd’hui prouve que j’avais raison (...) Le PS doit reprendre mes propositions», se rengorge-t-elle. Admettant qu’il y a au Parti socialiste «plusieurs lignes» sur le sujet, elle insiste pour que la direction «reprenne [ses] idées, les approfondisse et que ce ne soit pas la ligne laxiste qui l’emporte».

Ce n’est pas un hasard si Ségolène Royal pousse son avantage sur ce thème traditionnellement clivant au sein du PS, un parti jugé peu crédible en la matière par les Français. Cela lui permet de se démarquer et d’à nouveau centrer le débat sur ses idées. Si le PS a décidé d’avancer officiellement ses propositions en janvier prochain, ce thème devrait être au coeur des discussions ce week-end à La Rochelle. Manuel Valls, qui a quelques ambitions d’ici à 2012, a également fait sa rentrée sur ce thème qu’il laboure depuis des années. «Nous nous sommes laissés enfermer dans nos habits idéologiques, à la droite la répression, à la gauche la prévention, à la droite l’autorité, à la gauche la liberté... Il est grand temps de sortir de ces clichés», réclamait-il dimanche dans un entretien au JDD. «Nous devons nous attaquer aux causes tout en assumant une politique répressive», assume le député-maire d’Evry. Dimanche à la Fête de la Rose, qu’il organise tous les ans à Frangy-en-Bresse, Arnaud Montebourg a appelé, lui, à «un pacte de sécurité publique».