Présidentielle 2012: Duflot n'a «pas les épaules suffisantes»

POLITIQUE Elle ne veut pas participer à cette «tuerie»...

M.P. avec AFP
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MEHDI FEDOUACH/AFP

L’hypothèse Eva Joly candidate d’Europe Ecologie à la présidentielle de 2012 prend un peu plus corps. Cécile Duflot, l’autre candidate potentielle du mouvement, a concédé n’avoir «pas les épaules suffisantes» pour s’engager dans ce combat politique qu’elle imagine comme une «tuerie», dans un entretien à paraître jeudi dans Le Nouvel Observateur. «Quand je me regarde dans la glace le matin, puisque c'est là, paraît-il, que ça se passe, je me dis que j'en ai peur. La présidentielle, c'est une tuerie», assure la patronne des Verts.

Et la jeune, 35 ans, vice-présidente du Conseil régional de Paris de faire entendre sa petite musique: «J'ai toujours dit ma réticence personnelle. Personne ne le croit, puisque tous les politiques, paraît-il, ne rêvent que de ça. Mais ça n'a jamais fait partie de mes plans de carrière d'être candidate en 2012.» «On peut être un peu lucide sur soi-même. Aujourd'hui, je pense que je n'ai pas les épaules suffisantes pour porter seule une telle charge», ajoute-t-elle. Et puis, «il y a des temps pour tout»: «quand on traverse un glacier et qu'on ne sent pas le truc, il faut savoir s'arrêter».

La présidentielle 2012 évacuée des Journées d’été

Si elle ne veut pas du premier rôle chez les écolos en 2012, Cécile Duflot veut toutefois vouloir s’impliquer, l’idée d’un «ticket» avec l’eurodéputée Eva Joly est une idée qu’il «faut creuser». «S'il y a une personne avec qui je peux imaginer ça, c'est Eva», assure-t-elle. «L'affiche aurait en tout cas un côté cocasse: jusqu'ici on avait le président et son épouse. Eva et moi, c'est plus sympa que Nicolas et Carla, non?», imagine-t-elle.

«Ce qui est certain, c'est que mon entente avec Eva résistera aux calculs pervers des uns et des autres. Elle et moi savons notre complémentarité. Ce qu'elle incarne, par son parcours, donne une coloration à la candidature écolo qui me plaît bien», argue-t-elle, rappelant que le candidat EE «sera celui choisi par les militants». A la veille du début des Journées d’été d’Europe Ecologie, qui se déroulent à Nantes, cette interview a le mérite d’évacuer le sujet de la présidentielle de 2012 des débats. Les militants, comme les dirigeants, vont pouvoir se concentrer sur la structuration du mouvement. D’après l’eurodéputé Europe Ecologie Yannick Jadot, contacté par 20minutes.fr, il y a «consensus» sur l’idée d’un «mouvement unifié entre Verts et non Verts». «Ce n’est pas rien vu d’où on vient», se félicite-t-il. Reste à travailler concrètement sur le sujet pendant les trois jours qui viennent.