Christian Estrosi crée la polémique autour de sa dernière proposition

POLITIQUE Il veut sanctionner les communes défaillantes en matière sécuritaire...

C.C. avec AFP

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P.SAUTIER / SIPA

Chaque jour ou presque une nouvelle proposition de l’UMP qui crée la polémique. Celle du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, visant à sanctionner des municipalités défaillantes en matière sécuritaire, a suscité le débat, avec de véhémentes protestations du PS, puis une réplique du maire de Nice.

Pour lui, le maire de Grenoble «n'a rien fait pour sécuriser sa commune»

Dans le JDD samedi, le ministre est rentré en force dans le débat récurrent sur la sécurité, proposant de s'inspirer de l'emblématique loi SRU contraignant des communes de plus de 3.500 habitants à un quota de logement social, sous peine de sanction. «Je propose que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l'absentéisme scolaire et de réforme des règles d'urbanisme, soient condamnées à une très forte amende», a-t-il dit.

Christian Estrosi a notamment épinglé Michel Destot, maire socialiste de Grenoble, théâtre de violences urbaines en juillet, «qui n'a rien fait pour sécuriser sa commune», et parlé de «renoncement» de la numéro un du Parti socialiste (PS) et maire de Lille, Martine Aubry. Michel Destot a répliqué, mettant en avant une augmentation des effectifs de police municipale depuis son élection face à une baisse de ceux de la police nationale.

«Christian Estrosi pratique la stratégie du mensonge»

«Les propos outranciers et mensongers de Christian Estrosi», a poursuivi le député-maire PS, «augurent mal du caractère réellement républicain et rassembleur dont il dit souhaiter se prévaloir». Le ministre a en effet appelé à «former une équipe de France de la sécurité»

«Christian Estrosi pratique la stratégie du mensonge et du bouc émissaire pour masquer l'échec du gouvernement», s'est insurgé dans l'édition dominicale du JDD Roger Vicot, adjoint de Martine Aubry. Le maire de Nice a «repris le refrain entonné par la droite depuis le début d'août: L'insécurité progresse, mais c'est la faute aux autres», a ironisé le secrétaire national PS, Christophe Borgel.

«Le maire est le patron de la sécurité, que les socialistes le veuillent ou non!»

A l'UMP, Marc Laffineur, vice-président de l'Assemblée, en charge des élus au sein de son parti, a tout de même regretté que «des membres du gouvernement puissent stigmatiser les élus locaux ou les maires». «Il n'y a pas lieu à des polémiques internes», a immédiatement rectifié Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, avançant une synthèse: «Marc Laffineur parlait des élus de petites communes et Christian Estrosi des grandes villes».

Ce que Christian Estrosi a confirmé: «Cela vise les maires de villes de plus de 5.000 habitants, soit 2.000 communes environ, alors que Marc Laffineur avait cru que les petites communes étaient concernées». Pour lui, «le maire, de par la loi, est le patron de la sécurité, que les socialistes le veuillent ou non!». Pour le ministre, «après Mitterrand le calculateur, Jospin le naïf et Aubry la déconnectée, les socialistes refusent d'assumer leur responsabilité d'élus locaux».