Eva Joly accuse Sarkozy de pratiquer «un racisme d'Etat»

POLITIQUE Elle parle également de la prochaine présidentielle, de ses souhaits et de ceux de «Dany»...

Maud Pierron

— 

BISSON / JDD / SIPA

Citée comme candidate à la candidature en vue de 2012, Eva Joly attaque frontalement Nicolas Sarkozy dans un entretien à Paris-Match. Elle l’accuse de pratiquer «un racisme d’Etat». «Le tir de barrage contre les Roms et l’insécurité est de la même veine. C’est une éthique de la provocation, un racisme d’État. Il ne se demande même pas s’il est légal d’enlever la nationalité», s’agace l’ancienne candidate d’Europe Ecologie aux dernières européennes.

Nicolas Sarkozy a en effet proposé lors du discours polémique de Grenoble de retirer la nationalité à toute personne d’origine étrangère qui aurait tué ou tenté de tuer un représentant des forces de l’ordre. «Savez-vous quelle est la peine encourue pour l’assassinat d’un policier? Perpétuité, avec trente ans incompressibles. N’est-ce pas suffisant?», demande l’ancienne juge d’instruction. Et d’asséner: «Sarkozy nomme des boucs émissaires. C’est très fasciste. Mais cela va lui coûter cher... Il va détruire la droite républicaine».

Dany  «veut la présidence du Parlement européen»

Une perspective qui arrangerait sûrement les affaires d’Eva Joly, qui se verrait bien candidate à la prochaine présidentielle sous la bannière Europe Ecologie. La franco-norvégienne, poussée par Daniel Cohn-Bendit, semble trouver l’option séduisante. «Ils sont nombreux à me le demander et on peut supposer qu’ils n’ont pas envie de se tromper», assure-t-elle, voyant au moins un avantage à sa candidature: «Ce serait en tout cas très nouveau qu’une ex-fille au pair et secrétaire postule à cette fonction. Avec un discours moins lisse que celui des énarques. Je n’ai peut-être pas tous les codes, mais on me comprend quand je parle».
 
Elle assure par ailleurs que Daniel Cohn-Bendit ne sera pas le candidat à la présidentielle, comme certains l’annoncent. «Ce qu’il veut, c’est la présidence du Parlement européen», en 2012. Donc si Daniel Cohn-Bendit demande la nationalité française dans les prochains mois – il en a le droit -, il ne faudra pas y voir un signe.  C’est seulement qu’il aura accédé aux souhait de son fils, Bela, qui veut lui-même devenir français.