Sondage sur la sécurité: la droite jubile, la gauche grince des dents

REACTIONS L'opposition n'est pas surprise par le résultat d'une enquête qu'elle ne juge pas pertinente...

C.C. avec AFP

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A.DEMIANCHUK / REUTERS

Le «plébiscite» des mesures du gouvernement sur la sécurité, démontré par un sondage Ifop pour le Figaro paru ce vendredi, n’a pas laissé sans réaction. Si ce que le quotidien appelle «un carton plein pour Nicolas Sarkozy» est une confirmation pour la droite, il ne veut pas dire grand-chose pour la gauche.

Des chiffres «absolument pas surprenants»

«Toutes les surenchères ou les critiques des socialistes sont à côté de la plaque», s’est félicité Xavier Bertrand, patron de l'UMP. «Cela montre que le Parti socialiste est complètement incompétent dans le domaine de l'insécurité, qu'il n'est plus en phase avec le pays». Porte-parole du parti de la majorité, Frédéric Lefebvre avait indiqué jeudi, avant la parution du sondage, que les Français demandaient au gouvernement «d’aller beaucoup plus fort sur la sécurité».

Mais pour François Bayrou, «ces chiffres ne sont absolument pas surprenants: on appuie là où la société française est le plus sensible, faute de pouvoir donner au peuple ce dont il a besoin, on lui sert un discours anti-immigration». «Ce n'est pas en attisant ce genre de passions qu'on conduit un pays à affronter ses problèmes», avertit le président du MoDem.

«Que les Français veuillent lutter contre tout ce qui est illégal, c'est le bon sens»

Jean-Jacques Urvoas, chargé de la sécurité au PS, n’en retire «pas grand-chose» non plus. «C’est logique que l’opinion dise au gouvernement protégez-nous, sortez-nous de cette spirale. Elle est toujours très réactive aux faits de violence», a-t-il indiqué ce vendredi sur France Inter. «Que les Français veuillent lutter contre tout ce qui est illégal, c'est le bon sens», analyse dans le même sens le socialiste Christophe Borgel.

Sa collègue députée PS Aurélie Filippetti renchérit: «ça veut dire en creux que les gens sont mécontents de la politique qui est menée par Sarkozy depuis 2002 et prêts à tout pour que ça marche mieux». Jean-Jacques Urvoas a justement mis en opposition un sondage Ifop pour France Soir, paru le 28 juillet dernier, qui indiquait que 59% des Français avait le sentiment que la délinquance avait augmenté, soit 16% de plus qu’en 2007, année de l’élection de Nicolas Sarkozy.

«Cela reflète l'opinion du public à un moment donné»

Même nuance du côté de l’ancien président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas, interrogé ce vendredi sur Europe 1: «Cette attente de l'opinion, moi, ça ne m'effraie pas, j'ai connu une époque où la France votait à 80% pour l'Algérie française et quelques années après avec le général de Gaulle quand il a proposé l'indépendance, ils votaient à 80 % pour l'indépendance de l'Algérie. 70%, il en reste au moins 30 %, il ne faut pas s'emballer sur les sondages, ça reflète l'opinion du public à un moment donné».

Du côté des Verts, on explique les résultats de ce sondage par la «crise», «l'échec sur l'insécurité», «l'échec économique et social», «la dissolution des services publics». «Il y a une forme d'inquiétude très forte», mais «l'on pourrait s'interroger sur la réalité de ces sondages pendant la période estivale», a indiqué ce vendredi le numéro deux du parti écologiste, Jean-Vincent Placé, sur France Inter.

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