Frédéric Lefebvre: «La délinquance, chacun sait qu'il y a des liens avec l'immigration»

POLITIQUE Le porte-parole de l'UMP a défendu la politique du gouvernement en matière de sécurité...

Corentin Chauvel
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IBO / SIPA

Si quasiment tout le gouvernement est désormais en vacances,  le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, tient encore la garde face à son  adversaire favori, le Parti socialiste. Il a de nouveau défendu, ce jeudi matin  sur Europe 1, le projet  de déchéance de la nationalité pour les personnes ayant porté atteinte aux  forces de l’ordre, car, d'après lui, «chacun sait qu'il y a des liens» entre immigration  et délinquance.

Faisant fi des approximations de certains ministres à l’égard  de l’action d’Elizabeth Guigou en 1998,  Frédéric Lefebvre a réaffirmé que si l’ex-ministre socialiste de la Justice  n’avait pas renforcé le principe de déchéance de nationalité, elle l’avait au  moins «validé puisqu’elle l’a laissé».

«La stratégie du PS a fait monter le Front national en  2002»

D’après le porte-parole de l’UMP, «la question des étrangers, c'est un problème majeur dans notre pays»: «La délinquance, chacun sait qu'il y a des liens avec l'immigration. C'est souvent pas correct de le dire,  mais c'est une réalité que chacun connaît». Il a avancé pour preuve que «10% des détenus sont  étrangers, 50% des vols à la tire sont le fait d’étrangers, donc il faut  réfléchir à une solution».

Frédéric Lefebvre fera ainsi des propositions à la rentrée puisque,  selon lui, ce n’est pas vraiment la priorité des socialistes. «La stratégie du  PS a fait monter le Front national en 2002 en faisant comme si les questions de  sécurité n’existaient pas», a-t-il rappelé.

«La voyoucratie doit être mise hors d’état de nuire»

«Ce n’est pas nous qui avons inventé le drame de Grenoble.  La voyoucratie doit être mise hors d’état de nuire», a ajouté le porte-parole de  l’UMP qui réfute toute idée d’instrumentalisation ou de diversion. Au contraire,  il a accusé les élus de gauche de refuser d’appliquer dans leurs communes «les  outils (de sécurité) qui existent» par idéologie.

Ce dernier trouve ainsi, chiffres à l’appui, que l’opposition  a du «culot» d’oser critiquer la politique du gouvernement sur la sécurité: la  délinquance a baissé de 17% depuis 2002 (avec Nicolas Sarkozy successivement  ministre de l’Intérieur puis président de la République) alors qu’elle avait  augmenté de 15% sous le gouvernement Jospin (1997-2002). Des chiffres qui, d'après Frédéric Lefebvre, proviendraient de l'Observatoire nationale de la délinquance (OND), l'organisme chargé de la publication des statistiques officielles de la délinquance.

Le dernier rapport de l'OND (2009), dans une fiche thématique, détaille le "nombre de Français et d'étrangers mis en cause en 2008". La part des étrangers s'élève à 11,9% du total, dont 13,3% dans les vols sans violence. A l'intérieur de cette dernière catégorie, la part des étrangers est de 47,6% pour les vols à la tire.

«Moi j’ai décidé de m’occuper des  Français»

Interrogé par l'AFP, le criminologue Alain  Bauer, qui a dirigé le rapport de l'OND, fait remarquer que «plus les faits sont  graves, moins les étrangers sont impliqués». Il relève que le pourcentage des  étrangers détenus est plus important que dans l'ensemble de la population en  raison des incriminations pour séjour irrégulier.

«Les socialistes n’ont pas tiré de leçon de 2002, ils n’ont  rien appris, rien compris», a ainsi expliqué Frédéric Lefebvre. Selon lui, lors des  dernières élections régionales, les Français lui disaient d’aller «beaucoup plus  fort sur la sécurité», de «s’occuper des Roms». En guise de conclusion, le  porte-parole de l’UMP a alors affirmé avoir entendu le message de ses  concitoyens: «Moi j’ai décidé de m’occuper des Français».