Discours sécuritaire de Sarkozy: «Amalgames» et «surenchère» qui «valident les idées de l'extrême droite»

POLITIQUE Les éditorialistes ont mal accueilli les mesures annoncées par le chef de l’Etat vendredi...

M.P. avec AFP

— 

Le président de la République Nicolas Sarkozy  s'exprime à la préfecture de l'Isère, à Grenoble, le 30 juillet 2010.
Le président de la République Nicolas Sarkozy s'exprime à la préfecture de l'Isère, à Grenoble, le 30 juillet 2010. — AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

Le discours de Nicolas Sarkozy, vendredi, à Grenoble, s’est attiré les foudres des éditorialistes ce lundi, dénonçant «les amalgames», «la surenchère» et la dérive droitière du président. «La famille Le Pen vient de passer un excellent week-end politique (…) En pratiquant ouvertement l’amalgame entre insécurité et immigration, le chef de l’État a brisé le tabou qui marginalisait Jean-Marie Le Pen depuis vingt-cinq ans», attaque Olivier Picard dans les Dernières nouvelles d’Alsace.

>>Revivez le discours de Nicolas Sarkozy vendredi ici

Dans Libération, Fabrice Rousselot fustige «la surenchère comme stratégie de diversion» et explique qu' «englué depuis des semaines dans l’affaire Woerth-Bettencourt, Nicolas Sarkozy s’est de nouveau décidé à creuser le sillon sécuritaire». «Cette ‘guerre’ permet de créer un écran de fumée censé faire oublier le feuilleton Woerth-Bettencourt et de resserrer la majorité. Même si, ce faisant, Sarkozy la désaxe très à droite», ajoute Jacques Guyon dans La Charente Libre, notant que «ce qui importe à Nicolas Sarkozy, c'est un deuxième bail à l'Elysée et, pour cela, tous les moyens semblent bons», «même une politique qui oppose plus qu’elle ne rassemble». 

«Comme à de sombres époques, il a désigné à la vindicte populaire un ennemi de l'intérieur: l'étranger. Etranger et donc coupable de tout», s'inquiète Patrick Le Hyaric dans L'Humanité. Ce faisant, le chef de l'Etat «crédite et valide les idées de l'extrême droite», ajoute le directeur du quotidien communiste et député européen. Selon Bruno Dive (Sud-Ouest), «l'idée est claire: empêcher les électeurs qui avaient quitté Jean-Marie Le Pen en 2007 de revenir vers sa fille en 2012». Dans La Montagne, Daniel Ruiz s'inquiète lui aussi de «cette manière dangereuse d’effacer les frontières entre la droite et l’extrême droite que Nicolas Sarkozy légitime ainsi plutôt que de l’attaquer».

«La question de l'alliance avec le FN» posée

«Elle court, elle court, la présidentielle. A 20 mois de l'échéance, chaque camp veut imposer son tempo, à savoir frapper l'adversaire dans ses points faibles», note Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. «Le thème de la sécurité est-il un refuge temporaire ou un terrain pour construire un succès en 2012?, se demande Matthieu Verrier dans La Voix du Nord. Un premier indice sera donné lors du remaniement gouvernemental promis à l'automne. Le sort, notamment, des ministres d'ouverture - Kouchner, Amara et Bockel - donnera le ton de la campagne à venir», juge-t-il.

Plus fataliste, Philippe Waucampt du Républicain lorrain, conclut: «il semble bien que Nicolas Sarkozy ait poussé jusqu'à son point extrême le discours que la droite classique est capable de tenir sur la sécurité. Et que, faute de résultats, se posera un jour ou l'autre la question de l'alliance avec un Front national».

En raison d'un trop grand nombre de commentaires racistes et xénophobes, la rédaction de 20minutes.fr a décidé de fermer cet article aux commentaires, merci de votre compréhension.