Affaire Bettencourt: Me Metzner dénonce «l'intrusion» de Sarkozy dans le dossier

ENQUETE Selon l'avocat de la fille Bettencourt, le Président démontre une fois de plus son «immixtion permanente» dans les affaires judiciaires qui le touchent...

avec AFP

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Olivier  Metzner, l'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt.
Olivier  Metzner, l'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt. — E. Cancet/Sipa

L'avocat de la fille de Liliane Bettencourt, Me Olivier Metzner, a dénoncé ce jeudi «l'intrusion» de Nicolas Sarkozy qui «prendrait la place des magistrats» dans le dossier Bettencourt. Il a également accusé le procureur de Nanterre Philippe Courroye de chercher à «étouffer cette affaire». «Ce qui est extraordinaire, c'est l'intrusion du pouvoir politique dans la justice. La justice doit être indépendante», a déclaré Me Metzner sur RTL.

«Immixtion permanente»

«Le président de la République avait déjà démontré dans l'affaire Clearstream son immixtion permanente et là, on voit à nouveau qu'un président prendrait la place des magistrats» par le biais de son ancien conseiller pour la justice «Patrick Ouart», a affirmé l'avocat, qui défend également l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream.

Se défendant d'être un «avocat anti-sarkozyste», le conseil de Françoise Meyers-Bettencourt, qui poursuit le photographe François-Marie Banier pour abus de faiblesse à l'encontre de la milliardaire, a assuré que son seul objectif était de «protéger» Liliane Bettencourt, selon lui «en danger».

Le procureur Courroye aussi dans le viseur

Me Metzner a également mis en cause le procureur Courroye, hiérarchiquement sous l'autorité de l'exécutif et réputé proche du président. «Pendant 18 mois, il a considéré que ma plainte [pour abus de faiblesse] était recevable. Tout d'un coup, après ce que l'on sait être un rendez-vous à l'Elysée avec Patrick Ouart, conseiller de Sarkozy, il a changé d'attitude, il a freiné cette affaire, il a classé sans suite et il a annoncé ce classement un mois et demi avant à l'entourage de Liliane Bettencourt», a-t-il dénoncé.

«Là aussi, il avait montré qu'il voulait faire et il n'a pas fait. Je pense que cela va se renouveler cette fois-ci», a-t-il estimé à propos des enquêtes préliminaires ouvertes ces dernières semaines. «Qu'il conserve l'enquête entre ses mains et ne la confie pas à un juge indépendant, est-ce que ce n'est pas là la preuve de vouloir étouffer cette affaire?», s'est-il encore interrogé.