Démissions au gouvernement: Et maintenant?

POLITIQUE L'UMP tente de circonscrire l’incendie aux deux secrétaires d'Etat démissionnaires...

Maud Pierron

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Alain Joyandet (à droite) et Christian Blanc (à gauche) ont démissionner du gouvernement le 4 juillet 2010 à la demande de Nicolas Sarkozy et François Fillon.
Alain Joyandet (à droite) et Christian Blanc (à gauche) ont démissionner du gouvernement le 4 juillet 2010 à la demande de Nicolas Sarkozy et François Fillon. — STEPHANE DE SAKUTIN / PATRICK KOVARIK / AFP PHOTO

Deux démissions surprises au gouvernement et c’en est fini de la polémique? Ça ressemble au pari tenté ce week-end par l’exécutif qui craint de voir le «bon soldat» Woerth emporté par le tourbillon des divers scandales touchants des membres du gouvernement depuis plusieurs semaines. Si l’on ne s’inquiète plus du sort des deux secrétaires d’Etat démissionnaires – Alain Joyandet et Christian Blanc-, qui retrouveront dans un mois leur siège de député, que va-t-il advenir des autres membres du gouvernement visés par des affaires?


Ils ne craignent rien dans l’immédiat, si l’on se fie à la défense mise en place par la majorité, entre minimisation des faits et projection vers l’avenir… Pour Nadine Morano, les faits reprochés aux deux secrétaires d’Etat démissionnaires ne sont pas si graves, «il s'agit là de maladresses, pas de malversations». Quant à Fadela Amara et Rama Yade, également dans le viseur, Morano juge qu’«on ne peut pas demander à des personnes de démissionner du gouvernement parce qu'ils ont dit ou fait une maladresse ou (eu) une légère naïveté».


C’est «circulez, il n’y a (plus) rien à voir» également pour Dominique Paillé, le porte-parole de la majorité. «Les cas les plus criants ont été traités», estime-t-il. Donc, il n’y a «aucune raison de continuer à voir partir ou faire partir des ministres qui sont au travail». «Ces affaires sont closes», a tranché Frédéric Lefebvre lors du point-presse de l’UMP lundi matin.


«Il n’a jamais été question de démission»


Du côté des principaux intéressés, on fait profil bas. Christian Estrosi, épinglé pour loger sa fille dans un de ses deux logements de fonction et pour un voyage en avion privé à 138.000 euros, n’a pas parlé dans les médias depuis l’annonce du futur remaniement. Sollicité par nos soins, son cabinet ministériel n’a pas répondu à nos questions. Quant à Rama Yade, elle joue la détachée. Invitée de France Info vendredi, elle s’est dit «sereine», un seul adjectif répété ce lundi par son cabinet, contacté par 20minutes.fr. La jeune secrétaire d’Etat aux Sports peut encore passer entre les gouttes: elle reste l’un des derniers symboles de la diversité  brandi par Nicolas Sarkozy en 2007, après le crash de Rachida Dati et la faillite de Fadela Amara.

La secrétaire d’Etat à la Ville, justement, se veut elle aussi «sereine», assure son cabinet. «Il n’a jamais été question de démission et on ne le lui a jamais demandé», nous a-t-on assuré dans la matinée. «L’histoire de son logement de fonction a été montée en épingle», ajoute-t-on.


L’opposition n’est pas dupe. «Ce sont deux fusibles pour essayer au moins de passer l'été», pour «protéger un gouvernement à bout de souffle et Eric Woerth bien sûr», juge le socialiste Jean-Christophe Cambadélis sur Radio Classique. Ce que conteste Xavier Bertrand. Pour lui, Eric Woerth est «la victime d'une machinerie politique, de A jusque Z» menée par les socialistes. D’ailleurs, a-t-il ajouté, le ministre du Travail «n'a rien à se reprocher dans son comportement ni de trésorier (de l'UMP) ni même de ministre» et, «évidemment», il présentera la réforme des retraites. D’ailleurs, il animera une réunion mardi soir sur le sujet au Raincy, dans la salle Thierry Le Luron…