Démissions au gouvernement: «Pourquoi ces deux-là? Pourquoi pas les autres?»

REACTIONS Alain Joyandet et Christian Blanc ont quitté le navire...

J. M. avec AFP

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Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste.
Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste. — Boris Horvat AFP

La démission de Christian Blanc et d'Alain Joyandet n'ont pas manqué de faire réagir la classe politique, dimanche. «C'est une triste surprise», a réagi dimanche Dominique Paillé sur Europe 1 au sujet de la démission d'Alain Joyandet. Le porte-parole de l'UMP a déploré le départ de son «ami de longue date» qui a été selon lui «mis en cause de manière insupportable» et «l'objet d'attaques incessantes et d'amalgames».

Pour Jean-Christophe Cambadélis ces deux démissions «posent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent». Le député et secrétaire national du PS a émis deux hypothèses: «Soit la démission des deux ministres est une tentative de l'Elysée de jeter du lest, c'est tardif et pose plus fortement la question d'Eric Woerth», le ministre du Travail mis en cause pour conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt. «Soit ces démissions sont "spontanées" et c'est l'image d'un délitement qui appelle à un changement de gouvernement».

«Pourquoi ces deux-là? Pourquoi pas les autres?»

«Pourquoi ne pas avoir attendu le remaniement annoncé pour la rentrée?», s'est pour sa part interrogé Jean-Luc Mélenchon. Le leader du Parti de gauche s'est également demandé «pourquoi ces deux-là? Pourquoi pas les autres, dont les noms sont cités dans des abus divers et nourrissent le feuilleton d'une décomposition générale?» Pour Mélenchon, qui évoque Eric Woerth et «l'affaire Bettencourt», «la situation est en train d'échapper au contrôle du président de la République» et si ce dernier «pense que ce délestage suffira, il se trompe».

«Rien à voir» avec Woerth

«Ca n'a factuellement rien à voir», estime pour sa part Nathalie Kosciusko-Morizet. «Dans les cas de Christian Blanc et Alain Joyandet, ils ont été mis en cause sur une mauvaise utilisation des deniers de l'Etat», a déclaré la secrétaire d'Etat et secrétaire générale adjointe de l'UMP. «Dans le cas d'Eric Woerth, ça n'a rien à voir: on empile des faits les uns sur les autres pour en faire des soupçons et sur la base de soupçons on condamne (...) et en plus là c'est fait» pour «un motif politique», a-t-elle poursuivi, en soulignant que le ministre du Travail menait la réforme des Retraites.

Alain Joyandet et Christian Blanc «commis des maladresses», a pour sa part jugé Jean-Claude Gaudin, estimant par ailleurs que leur décision «les honore». Le maire UMP de Marseille et vice-président du Sénat a pris soin à son tour d'affirmer que «cela n'a rien de comparable avec la situation du ministre du Travail, de la solidarité et de la Fonction publique, Eric Woerth, injustement calomnié depuis des semaines, alors qu'il s'agit d'un ministre exemplaire».