Affaire Woerth-Bettencourt: Les derniers rebondissements de l'affaire en temps réel

POLEMIQUE La double casquette d'Eric Woerth est plus que jamais dans le viseur...

M.P. avec AFP

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Le ministre du Tavail Eric Woerth lors du conseil municipal de Chantilly, dont il est le maire, le 25 juin 2010.
Le ministre du Tavail Eric Woerth lors du conseil municipal de Chantilly, dont il est le maire, le 25 juin 2010. — BERNARD BISSON/JDD/SIPA

17h10: Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel exclut de rendre incompatible les fonctions de ministre et de trésorier d'un parti politique, alors qu'un élu PS faisait valoir un risque de«confusion des genres» à propos d'Eric Woerth. «Vous ne savez plus quoi inventer pour tenter de discréditer Eric Woerth» a répondu Luc Chatel.

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16h45: Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant juge «gravissime» les accusations lancées par la gauche contre le ministre du Travail Eric Woerth, estimant qu'il n'a «rien à se reproche, dans un entretien à paraître samedi dans Le Figaro Magazine.

16h15: Nicolas Dupont-Aignan dit jeudi avoir déposé une proposition de loi constitutionnelle pour «interdire le cumul des fonctions de membre du gouvernement et de trésorier dans un parti ou un groupement politique».

15h56: Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), estime qu'Eric Woerth sera «probablement» le dernier à pouvoir cumuler un portefeuille ministériel avec la fonction de trésorier de parti.

Avec l’annonce mardi par François Baroin d’une enquête confiée à l’Inspection générale des finances sur l’affaire Bettencourt, l’UMP espère que la polémique autour d’Eric Woerth va s’éteindre. Les résultats de l’investigation devraient être rendus sous les 10 jours, a expliqué jeudi matin sur France inter Frédéric Lefebvre. «Ainsi, ceux qui se posent des questions honnêtement vont avoir des réponses: l'administration fiscale a-t-elle reçu des pressions ou non, a-t-elle fait son travail ou non? Et ensuite (...) tout le monde devra se taire et certains devront s'excuser publiquement auprès de M. Woerth», a expliqué le porte-parole du parti majoritaire.

«Situation presque incestueuse»

Un vœu pieux pour l’instant, puisque les critiques ont continué de s’abattre sur la double casquette – ministre et trésorier de l’UMP – d’Eric Woerth. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a lui-même estimé qu'Eric Woerth serait «probablement» le dernier à pouvoir cumuler un portefeuille ministériel avec la fonction de trésorier de parti. Quant au député non-inscrit Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République, ex-UMP), il a indiqué qu'il avait déposé une proposition de loi constitutionnelle pour «interdire le cumul des fonctions de membre du gouvernement et de trésorier dans un parti ou un groupement politique».

Il faut construire une «muraille de Chine» entre les fonctions ministérielles et celle de trésorier d'un parti, a déclaré de son côté Jean Arthuis, le président centriste de la commission des Finances du Sénat. Lionel Jospin a également jugé sur Europe 1 qu’il fallait «éviter» le «mélange des relations privées et des rapports publics», conseillant au gouvernement de «rétablir des règles saines». Faisant référence à ses cinq années à Matignon, le socialiste a affirmé que les grands patrons «défendent leurs intérêts, font toujours du lobbying». Mais il y a «entre les dirigeants d'aujourd'hui, le président et les membres du gouvernement une proximité trop grande entre le pouvoir politique et le pouvoir de l'argent». «On est dans une situation presque incestueuse», a-t-il ajouté.

Martine Aubry a pris la défense de Ségolène Royal, attaquée pour avoir dénoncé un «système Sarkozy corrompu». «Ce qu'a dit Ségolène Royal, c'est ce que pensent beaucoup de Français: depuis le Fouquet's, tout le monde se rend compte qu'il y a une forme de rapprochement de ceux qui sont actuellement au pouvoir avec le monde de l'argent», a-t-elle estimé dans une interview à Metro.

Un dîner chez les Bettencourt

Invitée de France info, Marine Le Pen a elle mis en cause directement l’enquête de l’Inspection générale des finances. «J'aimerais que la justice se saisisse de cette affaire, ça me paraîtrait quand même plus logique, ça éviterait la suspicion de juge et partie, les soupçons de pressions politiques», a expliqué celle qui brigue le fauteuil de son père à la tête du FN.

Si cette affaire enflamme la classe politique depuis une quinzaine de jours, elle ne semble pas passionner la majorité des Français, selon un sondage Opinionay pour 20 minutes. Quelque 51% des sondés ne sont pas «intéressés» par l’affaire Woerth-Bettencourt. Et d’ailleurs, 53% des personnes interrogées pensent que le ministre du Travail ne doit pas démissionner. Même tendance dans le sondage CSA pour Le Parisien également paru jeudi : quelque 42% des sondés pensent qu’il ne doit pas quitter son ministère contre 37% qui le souhaitent. Paradoxalement, toujours selon cette enquête, ils sont 56% à estimer que c’est une affaire «grave».

Les enregistrements pourront être publiés

Marine Le Pen n'aura pas gain de cause mais les députés de l'opposition, si, probablement. Bernard Accoyer a en effet jugé légitime leur demande de création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Bettencourt-Woerth. D'après lui, elle «ne pose pas de problème de recevabilité sur le fond». Autre victoire, sur le plan médiatique cette fois-ci: Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a rejeté ce jeudi les demandes de Liliane Bettencourt et de son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, d'un retrait des sites Médiapart et Le Point des enregistrements pirates réalisés au domicile de l'héritière de L'Oréal.

Pas un jour ne passe sans une nouvelle information sur le sujet, plus ou moins importante. Lemonde.fr a révélé que le ministre du Travail, à l'époque au Budget, a dîné chez Liliane Bettencourt le 30 janvier 2008. Par ailleurs, l'avocat de Florence Woerth a fait savoir que sa cliente avait porté plainte le 24 juin pour diffamation contre Eva Joly et Arnaud Montebourg pour «manifester son souci de vérité et de transparence». Son mari, le ministre du Travail Eric Woerth, avait annoncé le 20 juin l'intention de son épouse de porter plainte contre le député socialiste et, le 22, contre l'eurodéputée.