Réduction du train de vie de l'Etat: un «leurre» selon la gauche

POLITIQUE Chez les Verts, les socialistes et les communistes, on ne croit pas à la sincérité des décisions de Nicolas Sarkozy...

C.C. avec C.M., N.B. et AFP

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Noel Mamère, le 9 décembre 2009 à l'Assemblée.
Noel Mamère, le 9 décembre 2009 à l'Assemblée. — CHESNOT/SIPA

La gauche n’a pas tardé à réagir à la réduction du train de vie de l’Etat envisagée par le chef de l’Etat. Joint par 20minutes.fr, le député Vert a estimé ce lundi que les consignes données par Nicolas Sarkozy à son Premier ministre François Fillon afin de réduire le train de vie de l’Etat sont «un leurre, une opération de communication pour masquer les petits arrangements entre amis au plus haut niveau de l’Etat».

«Pendant que Nicolas Sarkozy amuse le bon peuple avec le train de vie de l’Etat, il y a eu l’adoption la semaine dernière au sénat d’une proposition de loi qui assouplit la loi en matière de prise illégale d’intérêt des élus», a ajouté Noël Mamère.

Un «gros écran de fumée»

Pierre Laurent, nouveau secrétaire national du PCF, a estimé de son côté que les annonces du chef de l’Etat n'étaient qu'un «gros écran de fumée pour faire avaler des réductions de dépenses publiques», notamment dans les écoles ou les services publics.

«C'est certes quelques mesures sur les ministres, mais c'est surtout la poursuite et l'amplification d'une politique de rigueur dramatique pour les salariés, les collectivités locales, l'emploi dans les services publics», a ajouté le successeur de Marie-Georges Buffet sur Europe 1, dénonçant un gouvernement «coupé du monde» qui «défend avec acharnement tous les privilèges de la finance».

«Il y a le feu à la maison Sarkozy»

Pour le Parti socialiste (PS), «il y a le feu à la maison Sarkozy». «Le président avait annoncé à plusieurs reprises un état exemplaire. Résultat, on a une confusion entre l’Etat et l’UMP, où tout le monde pioche dans la caisse», a réagi le député Bruno Le Roux, contacté par 20minutes.fr. «Le président sent bien que la question de son propre train de vie est en cause. Le PS dénonce depuis longtemps l’achat d’un avion long courrier présidentiel. Nicolas Sarkozy allume des contre-feux, mais des contre-feux puérils: un président peut tout de même faire escale.»

«L'Elysée donne l'exemple»

Autre son de cloche à droite forcément, où le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, s'est félicité lundi des consignes données par le chef de l'Etat. «L'exemplarité défendue par le président à tous les étages de la République doit être saluée à l'heure où il est demandé des efforts à tous les Français. Personne ne doit être exonéré et le président a raison de demander que soient sanctionnés tous les mauvais comportements», écrit Frédéric Lefebvre dans un communiqué.

Il affirme que «depuis trois ans, l'Elysée donne l'exemple en rompant avec plus de 30 ans de mauvaises habitude». «Il faut que le gouvernement et les administrations suivent scrupuleusement cet exemple» au nom «de la République irréprochable» que «s'est engagé à construire» le chef de l'Etat, ajoute-t-il.

Nicolas Sarkozy a annoncé ce lundi que le train de vie de l'Etat serait «vigoureusement réduit», que les ministres paieraient leurs frais privés, «sur leurs deniers personnels» et qu'ils encourraient des «sanctions» en cas d'abus, dans une lettre à François Fillon sur la Révision générale des politiques publiques.