La garden-party de l'Elysée supprimée: «Il n'y a pas de petites économies»

POLITIQUE Nicolas Sarkozy devrait l'annoncer prochainement, René Dosière s'en réjouit...

Corentin Chauvel et Julien Ménielle

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La garden party de l'Elysée du 14 juillet 2009.
La garden party de l'Elysée du 14 juillet 2009. — M.MEDINA/AFP

Muet sur les dernières frasques des membres ou ex-membres de son gouvernement (Christian Blanc, Eric Woerth, Christine Boutin), Nicolas Sarkozy pourrait sortir de son silence dans les jours à venir, selon le Figaro de ce mercredi. Conscient que des sacrifices symboliques sont nécessaires pour redorer une image écornée, le chef de l’Etat envisagerait notamment de supprimer la traditionnelle garden-party de l’Elysée, organisée chaque 14 juillet.

D'autres «mesures structurelles» à venir

Des sources concordantes à l'UMP ont confirmé l'information, indiquant que le chef de l'Etat avait pris cette décision en raison du contexte économique. «Le Premier ministre avait indiqué hier (mardi) à l'Assemblée nationale que, dans un souci d'exemplarité, des décisions seraient prises dans les prochains jours (...) des mesures sont en préparation», s'est pour sa part contenter d'indiquer ce mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Dans son édition de ce mercredi, le Parisien ajoute que cette décision serait effective pour cette année, mais également pour «les années à venir». A titre d'exemple, le quotidien précise que la garden-party du 14 juillet 2009 avait coûté plus de 730.000 euros pour 7.500 invités. «Il n'y pas de petites économies», se réjouit le député apparenté PS René Dosière, à l'origine des révélations sur le coût de la soirée l'an dernier.

«L'Elysée ne détaille pas ses frais de fonctionnement courants»

Difficile, cependant, de savoir quelle proportion des 22 millions de dépenses annuelles de l'Elysée représente la somme. «L'Elysée ne détaille pas ses frais de fonctionnement courants», explique René Dosière à 20minutes.fr. «Mais si on y ajoute l'économie de plus de 3 millions d'euros réalisée avec l'annulation du grand concert du 14 juillet, on arrive à une somme mieux que symbolique».

D’autres «mesures structurelles» seront annoncées d’ici la fin de la semaine, a confié un conseiller de l'Elysée au Figaro. L’objectif: rendre le «bon fonctionnement de la République irréprochable», car «être exemplaire, c'est avant tout l'être vis-à-vis de soi-même». Toutefois, ces coupes «ne seront pas des étincelles», a tempéré l’Elysée.

Diviser le nombre de ministres par deux

Ces annonces sont dans le sillage des décisions évoquées mardi par le Premier ministre à l’Assemblée nationale. «Sur le chemin de l'exemplarité et de la transparence, depuis le début de la République, les uns et les autres, nous avons fait des progrès (…) et nous avons encore des progrès à faire», a déclaré François Fillon, assurant que les «défaillances doivent être sanctionnées fermement».

«Encore faut-il que tout cela soit confirmé», tempère René Dosière, qui estime par ailleurs qu'on pourrait «réaliser une vraie économie en divisant le nombre de ministres par deux». D’après le Figaro, l’accumulation des polémiques ces dernières semaines présenterait de sérieux risques, non seulement pour la mise en place de la réforme des retraites, mais surtout en vue de l’élection présidentielle de 2012.