Affaire Bettencourt: la droite divisée sur le cas Woerth

REACTIONS Si l'UMP fait bloc, des voix divergentes se font entendre...

C. F. avec AFP

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Nicolas Dupont-Aignan au congrès fondateur de Debout la République en novembre 2008
Nicolas Dupont-Aignan au congrès fondateur de Debout la République en novembre 2008 — WITT/SIPA

Alors que l'opposition accentue sa pression sur Eric Woerth, après la diffusion d'enregistrements liés à l'affaire Bettencourt et dans lesquels son nom ainsi que celui de son épouse sont cités, le gouvernement vole à son secours. A commencer par le Premier ministre. François Fillon a assuré ce mardi devant les députés que son ministre du Travail était un «homme intègre», qui «n'a commis aucune faute» et avait toute sa «confiance».

Un peu plus tôt, le ministre de l'Emploi, Laurent Wauquiez, a également lance un appel à la raison: «La polémique faite à Eric Woerth n'est qu'un amalgame de sous-entendus sans fondement. (...) J'espère que, comme pour les Bleus, on va reprendre un peu de hauteur dans tout ça.»
 
Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, prend également la défense du ministre du Travail: «Pour bien connaître Eric, qui n'incarne pas vraiment le laxisme, qui est plutôt quelqu'un d'extrêmement rigoureux, qui est celui qui s'est battu contre la fraude fiscale, contre les paradis fiscaux, qui a même été interdit de séjour pendant tout un temps en Suisse, tout ça fait un peu politique de caniveau.»

«Pas de conflit d'intérêts»

Un avis partagé par une majorité de membres de l'UMP. Le président du groupe à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, fustige ainsi Arnaud Montebourg, qui est «à peu près le seul dans son camp à vomir comme il le fait sur Eric Woerth». Le député PS doit faire l'objet d'une plainte pour diffamation de la part de Florence Woerth, après avoir suggéré que cette dernière était au courant des évasions fiscales de Liliane Bettencourt, dont elle gère une partie de la fortune.
 
Selon le vice-président UMP de l'Assemblée nationale, Marc Laffineur, il n'y a «pas de conflit d'intérêt entre sa femme qui travaille depuis 25 ans dans un cabinet de gestion du patrimoine» et la fonction d'Eric Woerth comme ministre du Budget dans le précédent gouvernement Fillon.
 
Idem pour le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui a défendu ce mardi son «ami» «Je connais Eric Woerth, je connais Florence Woerth, ce sont des personnes droites, intègres, je me flatte d'être l'ami d'Eric Woerth», a-t-il insisté.

«L'UMP c'est le parti des riches et des très riches»

A droite, des voix discordantes se font malgré tout entendre. Les députés UMP (villepinistes) Jean-Pierre Grand et François Goulard se sont ainsi montrés ce mardi très critiques envers Eric Woerth. «Cela veut dire que Mme Bettencourt avait embauché le ministre du Budget», a persiflé le premier, comparant cette nouvelle affaire à celle des 12.000 euros de cigares du secrétaire d'Etat au Grand Paris Christian Blanc.
 
«Je comprends qu'il y ait un impact négatif sur l'opinion», a ajouté François Goulard. «Depuis les cigares de Christian Blanc jusqu'à Woerth, c'est toujours, de manière caricaturale: l'UMP c'est le parti des riches et des très riches. C'est dur à porter.» Le chef de file de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP), estime quant à lui qu'Eric Woerth devrait démissionner de son poste de trésorier de l'UMP, parlant d'une «République bananière».
 
Dans la matinée, c'est l'ancien ministre de l'Economie et des Finances d'Alain Juppé, Alain Madelin, qui avait estimé qu'«à l'évidence, c'est une situation de conflit d'intérêt». «La meilleure preuve, a-t-il ajouté, c'est que dès que le coup de projecteur est porté sur Mme Woerth, elle est obligée de démissionner. Ça montre bien que la situation était intenable» a-t-il ajouté sur BFM TV.