Sarkozy dans une usine d’hélico pour éviter le crash en 2012

POLITIQUE Il se rend dans la circonscription pyrénéenne de François Bayrou pour inaugurer une usine de fabrication de moteurs...

Vincent Vantighem

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Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris
Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris — J.BRINON/SIPA

François Bayrou est catégorique: «Ceux qui veulent y voir une manœuvre politique se mettent le doigt dans l’œil!» Il n’empêche, le président du MoDem accueillera Nicolas Sarkozy, ce mardi matin dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Quasiment dans son village natal, même. Entre un déplacement, lundi, au chevet des sinistrés du Var et le G8 prévu ce week-end au Canada, le chef de l’Etat a tenu à visiter Turboméca, leader mondial de la fabrication de moteurs d’hélicoptères, installé à Bordes.

Bayrou est toujours «sur le chemin aride de l’opposition»...

Brouillés depuis 2007, les deux hommes se sont pourtant revus à deux reprises ces dernières semaines pour des entretiens informels à l’Elysée. Mais pas d’inquiétude chez les centristes, François Bayrou n’a pas encore «quitté le chemin aride de l’opposition». La preuve, il  ne renie aucune des critiques à l’endroit du chef de l’Etat qu’il a compilées dans son ouvrage Abus de pouvoir (Plon, 2009). L’intérêt soudain que lui porte le chef de l’Etat lui sert même à sortir du désert dans lequel il se trouvait depuis l’échec des élections régionales.

...mais commence à sortir du désert

Discret pour ne pas dire muet depuis le 21 mars dernier, le Béarnais est brusquement sorti de son silence depuis deux semaines. D’interviews en conférences de presse, il donne son avis sur tout et n’importe quoi: la réforme des retraites, l’attitude de l’équipe de France et bien sûr la présidentielle de 2012.

«Mon projet n’est pas entre la droite et la gauche, il est autre, répète ainsi à l’envi le patron du MoDem. Je me sens aussi proche de gens comme Dominique Strauss-Kahn (PS) que d’Etienne Pinte (UMP)...» Il faut dire que le centre est au cœur des enjeux politiques du moment. Hervé Morin et Jean-Louis Borloo ont tour à tour montré leur intérêt pour représenter le mouvement lors de la présidentielle.

Malgré ses discours, Sarkozy pense déjà à 2012

Du côté de l’Elysée, les retrouvailles avec François Bayrou ne doivent non plus rien au hasard. Après avoir tout fait pour éliminer la pièce centriste de l’échiquier politique, Nicolas Sarkozy a revu sa stratégie ces derniers temps. Désormais, il ne serait plus contre la présence d’un candidat de centre-droit à ses côtés lors du premier tour de 2012.

«Il est persuadé que Martine Aubry sera candidate à gauche, résume un ministre sous couvert d’anonymat. Et dans ce cas de figure, il sait que Bayrou  pourra lui voler quelques voix à gauche...» Il y a peu, Nicolas Sarkozy confiait encore aux députés UMP qu’il fallait pourtant se concentrer sur les réformes qui parlent aux Français. «Il sera assez temps au Printemps 2011 de se mettre à faire de la politique», leur avait-il même lâché.