Affaire Bettencourt: l'opposition réclame une enquête sur une «possible affaire d'Etat»

REACTIONS Le PS et les Verts commentent la démission de Florence Woerth...

C.C. avec AFP

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Arnaud Montebourg rue de Solférino le 24 février à Paris.
Arnaud Montebourg rue de Solférino le 24 février à Paris. — SICHOV/SIPA

La fronde de l'opposition contre Eric Woerth continue. Arnaud Montebourg (PS), contre lequel Florence Woerth a porté plainte pour diffamation, a notamment évoqué ce mardi de «sentiment de collusion assez révoltante». «On a le sentiment que les milliardaires d'aujourd'hui vivent très bien, fraudent en toute impunité le fisc. Les procureurs du gouvernement les protègent, des femmes de ministres les aident et ils ont le soutien du pouvoir, tout va bien», a ironisé le député de Saône-et-Loire sur RTL.

Selon l'élu, Eric Woerth «[avait] la charge de surveiller les comportements des contribuables les plus importants de France (...) de contrôler la lutte contre l'évasion fiscale, de la faire réprimer» et «en même temps il a des intérêts personnels dans la première fortune de France, cela s'appelle une infraction pénale, je suis obligé de le constater, je n'abuse pas des mots». «C'est interdit par la loi», a ajouté le responsable socialiste, par ailleurs avocat, jugeant que cela «mériterait quand même une information judiciaire, une instruction, une enquête judiciaire».

Noël Mamère évoque une affaire d'Etat

Noël Mamère a  pour sa part estimé ce mardi qu'avec l'affaire Bettencourt et les soupçons de conflit d'intérêts pesant sur le ministre du Travail Eric Woerth et son épouse, il s'agissait d'«une possible affaire d'Etat». Le député Vert a jugé dans une interview au Parisien que «si les soupçons d'ampleur qui pèsent sur le ministre et sa femme s'avèrent vrais, alors nous serions face à une situation qui entraînerait automatiquement la démission d'Eric Woerth.».

«Je ne mets pas en cause l'honnêteté de Monsieur et Madame Woerth. Mais vu l'accumulation des soupçons qui pèsent aujourd'hui sur le ministre et sa femme, j'attends que toute la lumière soit faite», a ajouté l'avocat. Il n'exclut pas aussi que «toutes les ramifications doivent faire l'objet d'une enquête jusqu'à déterminer le rôle précis de l'Elysée. Il n'y a pas d'un côté la justice des riches qui n'avance pas et celle des pauvres qui est intraitable».

L’affaire «désole» Cécile Duflot

De son côté, la secrétaire nationale des Verts a déclaré sur Europe 1 que l’affaire Woerth-Bettencourt la désolait. «Il y a un petit groupe qui ne se rend pas compte de l'image qu'il renvoie de la politique», a-t-elle indiqué, ajoutant qu'elle «trouverait plus naturel» qu'Eric Woerth n'aille pas à Bercy, sachant que son épouse travaillait pour une des plus grosses fortunes de France: «C’est sûr que c’est compliqué la situation de Monsieur et Madame Woerth. Je suis la première à dire que les femmes sont indépendantes de leur mari, mais il y a des situations où  cela est honnêtement insoutenable».


Eric Woerth, en butte à des accusations de «conflit d'intérêts» et des demandes de démission à gauche, a annoncé le départ prochain de son épouse de la société où elle gère une partie de la fortune de Liliane Bettencourt, celle-ci assurant avoir régularisé ses avoirs à l'étranger.