Nicolas Sarkozy a inauguré ce mardi l'usine Turbomeca de Bordes

POLITIQUE Il y a parlé industrie, mais aussi retraites...

C.C. avec AFP

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J.P. MULLER / AFP

C’était une visite particulièrement attendue. Nicolas Sarkozy s'est rendu ce mardi à Bordes (Pyrénées-Atlantiques) pour inaugurer l’usine Turbomeca, premier constructeur au monde de turbines d'hélicoptères.

Des salariés de toutes les tailles

Cette inauguration aurait été assez anodine si elle n’avait suscité de cocasses suspicions à propos des salariés de l’usine qui s’apprêtent à accueillir le chef de l’Etat. Il y a deux semaines, La République des Pyrénées avait assuré que deux émissaires de l’Elysée se seraient rendus récemment sur place pour sélectionner des salariés, de petite taille, pouvant figurer sur la photo aux côtés de Nicolas Sarkozy.

Mais cette information avait été démentie dans la foulée par Turbomeca et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. C’est «faux et absurde», avait-on également indiqué à l’Elysée. Au vu des quelques photos déjà disponibles, les employés qu'il y a rencontré ce mardi étaient de toutes les tailles. L'affaire est donc close.

Nicolas Sarkozy souhaite l'équilibre des régimes de retraites

Nicolas Sarkozy a profité de cette inauguration pour parler un peu d'industrie, promettant à Turbomeca une aide financière dans le cadre du grand emprunt, mais aussi des retraites. A deux jours de la grande mobilisation syndicale contre la réforme des retraites, le chef de l'Etat a affirmé qu'il sera «très attentif, dans les semaines qui viennent», aux discussions entre le gouvernement et les organisations syndicales portant sur certains aspects de la réforme, notamment les problèmes de pénibilité.

Mais Nicolas Sarkozy s'est aussi montré ferme quant à ses intentions: «Je veux que dans les dix années qui viennent, vos régimes de retraite soient à l'équilibre».

Une «France rassemblée»

Un autre petit événement était attendu: une rencontre de Nicolas Sarkozy avec François Bayrou. L’usine Turbomeca se situe en effet près de Pau, dans la circonscription du député du MoDem. Le chef de l'Etat en a ainsi profité pour vanté les bienfaits d'une «France rassemblée»: «Il faut faire ce qu'il y a de plus difficile en France: nous parler, nous écouter, faire un bout de chemin ensemble, sans que personne ne renonce à ses convictions. Ce n'est pas facile, pour moi, pour vous».

Interrogé sur un possible rapprochement entre les deux hommes qui se sont déjà rencontrés au moins deux fois ces deux derniers mois, François Bayrou s’était offusqué dimanche d’une telle supputation: «Cette usine est pour ainsi dire dans mon village et je n'irais pas? (…) Je m'oppose, durement s'il le faut, mais ce n'est pas la guerre civile.»