Reforme des retraites: Nicolas Sarkozy envisage des «évolutions»

SOCIAL Mais les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille...

C.C. avec AFP

— 

Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris
Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris — J.BRINON/SIPA

Nicolas Sarkozy a ouvert la voie ce vendredi à des «évolutions» de son projet de réforme des retraites, sur son volet pénibilité notamment, mais les syndicats comptent désormais sur la mobilisation des salariés pour pousser le gouvernement à revoir sa copie en profondeur.

Un texte «injuste»

Après la présentation mercredi du projet gouvernemental, le ministre du Travail Eric Woerth avait donné deux jours aux partenaires sociaux pour suggérer des modifications au texte, qualifié d'«injuste» par la plupart des syndicats et la gauche.

Il avait clairement exclu de revenir sur la mesure phare du projet, le recul à 62 ans de l'âge légal, qui permettra de dégager la moitié de l'effort de redressement du système à l'horizon 2018. Mais il avait laissé la porte ouverte à des aménagements sur d'autres dispositions moins emblématiques.

Trois dossiers repris en main

L'Elysée s'est ainsi dit sensible à certaines remarques des partenaires sociaux sur trois dossiers. Le chef de l'Etat a évoqué «la nécessité de mieux prendre en compte la pénibilité» et «la situation des personnes qui ont commencé avant 18 ans». Il a aussi cité les problèmes des poly-pensionnés, ces assurés pénalisés dans le calcul de leur retraite parce qu'ils relèvent de plusieurs régimes.

Eric Woerth a ainsi été chargé «de lui proposer, au plus tard avant le début du débat parlementaire en septembre, les évolutions qui pourraient être envisagées sur tout ou partie de ces différentes questions».

Un calendrier pas bousculé pour autant

Mais le calendrier de la réforme n'est pas bousculé pour autant, a précisé une source proche du dossier: le texte présenté mercredi doit toujours passer en Conseil des ministres le 13 juillet, avant d'être examiné en Commission à l'Assemblée fin juillet, puis discuté en séance publique début septembre. Les éventuelles évolutions «pourront ainsi prendre la forme d'amendements du gouvernement» lors du débat parlementaire.

Parmi les syndicats qui avaient accepté de formuler d'ultimes propositions, la CFE-CGC, a demandé ce vendredi «des recettes concrètes supplémentaires», citant les stock-options ou encore les retraites chapeaux. Reçu jeudi, le leader de la CFDT, François Chérèque, avait jugé que le gouvernement ne laissait «pas de marge de manœuvre». «Ce sera des ajustements à la marge, si ajustements il y a», a estimé de son côté le secrétaire général de l'Unsa, Alain Olive.

Le rapport de force sera bien dans la rue

Pour sa part, le Medef a fait pression pour que certains prélèvements sur les entreprises soient revus à la baisse et pour booster l'épargne retraite individuelle. Mais pour les syndicats, dont la CGT et FO qui ont décliné l’invitation du gouvernement, le rapport de force ne se situe désormais plus dans le dialogue avec l'exécutif et une journée nationale de grèves et de manifestations est prévue le 24 juin

Optimistes, ils semblent en plus avoir l'opinion derrière eux: 66% des Français jugent le projet de réforme injuste, selon un sondage TNS Sofres publié ce vendredi Le PS est aussi décidé à soutenir la mobilisation. «Je le dis avec solennité, le PS, aux côtés des organisations syndicales, va combattre le projet et proposer un projet», a lancé Martine Aubry.