Primaires: Qui sera le meilleur candidat socialiste?

PRESIDENTIELLE On a passé les éventuels candidats au banc d'essai...

Maud Pierron

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 Le siège du parti socialiste, rue de Solférino à Paris.
 Le siège du parti socialiste, rue de Solférino à Paris. — FACELLY/SIPA

Les grandes manœuvres commencent au Parti socialiste en vue des primaires. Un seul s’est déjà déclaré officiellement, Manuel Valls, mais la liste des candidats potentiels est longue. 20minutes.fr a fait la liste des forces et faiblesses de chacun. Et tente un pronostic sur les favoris.

Martine Aubry (35%)
Forces: Après des débuts difficiles à la tête du PS, la première secrétaire tient le parti. «Elle a l’appareil avec elle et elle a installé son leadership, ce qui est indispensable à une campagne réussie», note Gérard Grunberg, directeur de recherche au CNRS/Sciences Po. Autre atout: son discours de gauche traditionnelle plaît dans la conjoncture actuelle marquée par la crise. «Je ne sais pas si les gens la croient mais ils ont envie de la croire», assure le politologue. Dans l’esprit des gens, elle apparaît également comme «ayant une petite chance de battre Nicolas Sarkozy» . Enfin, elle a du caractère et de la volonté.
Faiblesses: «Elle manque de charisme et elle n’est pas excellente sur le plan médiatique», tranche Gérard Grunberg. Autre point négatif: «Elle manque de crédibilité sur le plan économique, ce qui va être très important dans les prochaines années et son discours sonne un peu creux». Enfin, son caractère peut se retourner contre elle: «saura-t-elle éviter les pièges d’une campagne, les provocations?», s’interroge le chercheur.  

Dominique Strauss-Kahn (30%)
Forces: C’est le roi des sondages qui le placent, tous ou presque, comme meilleur candidat socialiste pour battre Nicolas Sarkozy en 2012. «Outre sa très grande popularité, il jouit d’une grande crédibilité sur le plan économique lié à ses postes actuel (directeur du FMI) et passé (ministre des Finances)», insiste Gérard Grunberg, ce qui lui permet de mordre sur l’électorat centriste et de droite.  Il apparaît également comme très crédible sur le plan international. Il dispose d’un courant assez influent au sein du PS, qui n’attend qu’un signe de «l’imam caché» pour se mettre à son service.
Faiblesses: DSK est déjà «emprisonné par un calendrier très compliqué» à cause du FMI. Les primaires doivent se dérouler à l’automne 2011… en même temps que  le G20 sous présidence française auquel le directeur du FMI a déjà dit qu’il participerait.  En outre, il jouit d’une réputation de dilettante et de nonchalance qui cadre mal avec les exigences de la campagne. «A-t-il vraiment  la motivation pour y aller et a-t-il vraiment envie d’affronter Sarkozy», avec lequel il est assez proche sur le plan humain et des idées, se demande le politologue du Cevipof. Et d’après lui, «le PS a fait en sorte de lui rendre les choses compliquées» avec le «dogme» sur la retraite à 60 ans et le projet sur le programme déjà voté à l’unanimité. Enfin, «on ne sait pas se qui se cache dans les placards» de DSK, relève Grunberg, alors que le socialiste a dû déminer  l’an dernier une affaire de relation adultérine au sein du FMI.

Ségolène Royal (19%)
Forces:
«Elle a beaucoup de caractère, beaucoup de volonté et une certaine originalité», énumère le directeur de recherche du Cevipof Autre qualité: «son écoute dans les classes populaires» que les autres ténors socialistes n’ont pas. Ce que confirme les sondages, où si elle est distancié par les deux poids lourds déjà cités, elle les devance dans les classes populaires.
Faiblesses: Très isolée au sein du PS, la présidente de la région Poitou-Charentes «a perdu beaucoup de crédibilité. L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle n’apparaît plus comme quelqu’un pouvant battre Nicolas Sarkozy», assure Gérard Grunberg. Objet politique non identifié en 2006, elle a désormais «perdu de cette fraicheur, son discours est moins novateur». Enfin, et c’est très handicapant, Royal est «une solitaire qui ne sait pas travailler en équipe»

François Hollande (10%)
Forces: Ancien premier secrétaire du PS, il dispose d’une bonne base dans le parti. «Il a de l’expérience et il est intelligent», commente Gérard Grunberg. Ses propositions en matière fiscale sont «crédibles» et le font apparaître comme «moins dogmatique» que la direction.
Faiblesses: Un bonne popularité chez les militants mais une cote ridiculement basse dans les sondages pour un ancien chef de parti: Hollande souffre d’un déficit de notoriété. Surtout, «il apparaît comme un homme du passé» et une «solution peu crédible pour gouverner la France», d’après le politologue du Cevipof.    

Manuel Valls (5%)
Forces: «C’est l’oustider absolu», insiste Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques spécialiste du PS. «Il apporte vraiment quelque chose de nouveau et il est structuré politiquement», assure Gérard Grunberg. Manuel Valls est motivé, il sait ce qu’il veut.
Faiblesses: Il pèse peu dans le parti, il n’a pas de troupes. Et son discours, un peu plus à droite que la «doxa» en vigueur au PS, passe mal. «Les gens n’ont pas envie d’entendre qu’il faut faire des efforts», témoigne Grunberg. «Et il ne faut pas oublier que le parti s’est toujours pris historiquement à gauche», conclut-il

Pierre Moscovici (1%)
Atout: Il est celui qui a porté le projet de rénovation adopté ensuite à l’unanimité. Il paraît crédible sur les questions internationales puisqu’il a été ministre délégué aux Affaires européennes de Lionel Jospin.
Faiblesses: Il ne dispose d’aucune base au sein du PS, il n’est pas identifié dans l’opinion publique.

Laurent Fabius (0%)
Il a fait un pacte avec Martine Aubry, qu’il a contribué à porter à la tête du PS, avec les Strauss-kahniens. Désormais, «il porte la candidature Aubry aux primaires avec son équipe. Il est très malin, il a de l’expérience. Il attend désormais un gros ministère», assène Gérard Grunberg.