Salon de l’agriculture 2024 : Pourquoi Jean-Luc Mélenchon boude-t-il l’événement depuis tant d’années ?
Ça le botte pas•Le patron de La France insoumise n’y a pas mis les pieds depuis plus de dix ans, un cas rare chez les responsables politiquesThibaut Le Gal
L'essentiel
- Le Salon de l’agriculture a ouvert ses portes samedi avec une visite très mouvementée d’Emmanuel Macron.
- Comme le chef de l’Etat, de nombreux responsables politiques sont attendus pour rencontrer les agriculteurs, porte de Versailles à Paris.
- Jean-Luc Mélenchon est l’une des rares figures politiques nationales à ne pas se rendre au Salon de l’agriculture depuis plus de dix ans. Pourquoi ce choix ?
Comme chaque année, le Salon de l’agriculture est un passage obligé du monde politique. Emmanuel Macron a lancé le bal, samedi, en restant treize heures (mouvementées) dans les travées, porte de Versailles, à Paris. Jordan Bardella, Gabriel Attal, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Fabien Roussel et bien d’autres se sont rendus ou ont prévu de se rendre auprès des agriculteurs pour cette 60e édition. Seul un responsable manque à l’appel : Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi le leader insoumis boude-t-il ce grand événement depuis plus de dix ans ?
Son dernier passage au SIA date de 2013. A l’époque, celui qui était encore eurodéputé et président du Parti de gauche avait exposé son modèle de « révolution citoyenne dans l’agriculture » en rencontrant les acteurs de différentes filières. Une visite très classique et un bon accueil de la part des exposants, à en croire les articles relatant sa visite.
Mais ces dernières années, le leader de la gauche radicale a plutôt opté pour son « contre-salon ». « Il a fait ce choix, à un moment, de profiter de l’exposition médiatique de cette séquence pour promouvoir d’autres modèles agricoles », justifie son entourage.
Les insoumis pas vraiment absents
En 2016 par exemple, Jean-Luc Mélenchon boycottait la « comédie » du salon parisien, symbole selon lui « du modèle productiviste », pour visiter une petite exploitation laitière bio à Montreuil-le-Gast, en Ille-et-Vilaine. L’année suivante, en pleine campagne présidentielle, il se rendait chez un éleveur bio de l’Oise, pour faire la promotion des circuits courts. « La déambulation au Salon est un exercice souvent pénible, avec une nuée de caméras qui te poursuit. Ce ne sont pas nécessairement les meilleures conditions pour échanger librement avec les agriculteurs », ajoute cette proche du tribun.
Les relations entre Jean-Luc Mélenchon et une partie du monde agricole, notamment la puissante FNSEA, le syndicat majoritaire, très présent sur le salon, ont souvent été tendues ces dernières années. « Certains politiques savent qu’ils vont être très mal accueillis. Les agriculteurs sont des gens droits, sincères. Ils comprennent bien que certains responsables, par leurs outrances écologistes, vont contre leurs intérêts », souffle Jean-Baptiste Moreau, éleveur de vaches limousines et ancien député En Marche, battu en 2022.
Jean-Luc Mélenchon snoberait-il le salon par crainte d’un mauvais accueil ? « Le modèle qu’on défend s’oppose au modèle productiviste parfois défendu au salon, mais il n’y a pas d’incompréhension avec le monde agricole. Il n’a d’ailleurs jamais été mal reçu lors de ses visites et les insoumis sont toujours présents au Salon », balaie une proche de l’intéressé. Malgré cette politique de la chaise vide du tribun, d’autres élus vont à la rencontre du monde agricole. Ce lundi, l’eurodéputée Manon Aubry, tête de liste LFI pour les européennes du 9 juin, était ainsi présente avec une délégation du mouvement.








