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à jamais le premierGabriel Attal à Matignon, un « symbole fort » pour les associations LGBT

Gabriel Attal : Les associations LGBT saluent le « symbole fort » de la nomination d’un Premier ministre gay

à jamais le premierSOS Homophobie se félicite de « l’évolution des mentalités » avec cette nomination
Elisabeth Borne et Gabriel Attal, mardi, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs.
Elisabeth Borne et Gabriel Attal, mardi, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs. - AFP / POOL
20 Minutes avec AFP

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Une grande première. Plusieurs associations LGBT ont salué l’arrivée à Matignon de Gabriel Attal, premier chef de gouvernement français ouvertement homosexuel, tout en appelant à une politique « exemplaire » en matière d'égalité des droits. « La nomination de Gabriel Attal va dans le bon sens. Elle illustre le fait qu’en 2024, en France, il est possible d’être Premier ministre homosexuel », réagit Joël Deumier, coprésident de SOS Homophobie, auprès de l’AFP.

« L’évolution des mentalités a rendu cette nomination possible », ajoute-t-il, évoquant un « symbole fort ». Cette nomination « donne de la visibilité », abonde Catherine Michaud, présidente de l’association GayLib et membre du Mouvement radical. « Cela peut agir pour des adolescents comme un signal positif, leur permettre de se dire qu’on peut être homosexuel et Premier ministre, que ce n’est pas rédhibitoire. »

Agé de 34 ans, Gabriel Attal a vu son homosexualité être révélée en 2018 dans le livre « Crépuscule » de l’avocat Juan Branco, ancien camarade de classe à l’Ecole alsacienne à Paris. Il a depuis évoqué son orientation sexuelle au cours de plusieurs interviews. Dans l’émission « Sept à Huit », il regrettait notamment cet « outing », qui ne lui a pas permis d’annoncer son homosexualité « au moment où (il) le voulait et de la manière dont (il) voulait ».

« Assumer » sans « revendiquer »

L’homosexualité, « j’ai toujours considéré qu’on pouvait l’assumer sans la revendiquer. Je me demande si la porter comme une bannière ne contribuerait pas à en faire un truc anormal », disait-il en 2019 à Closer. Si le symbole de sa nomination est important, il « ne fera pas tout », souligne Joël Deumier, « surtout s’il n’est pas accompagné d’une politique forte en faveur de l’égalité ».

« Le gouvernement qui sera dirigé par Gabriel Attal doit être exemplaire sur les sujets LGBT et notamment sur celui des violences et agressions homophobes », souligne le coprésident du SOS Homophobie. « Il faut que le gouvernement prenne à bras-le-corps ces sujets », poursuit-il, que ce soit « la PMA pour les personnes trans, la fin de la mutilation des personnes intersexes et une GPA (gestation pour autrui) éthique ».

La marge de manœuvre du Premier ministre sur ces questions s’annonce mince, notamment concernant la GPA. En avril 2019, Gabriel Attal avait laissé entendre qu’il ne serait pas contre une GPA « éthique », pour avoir un enfant, si c’était légal en France. Mais Emmanuel Macron s’est toujours opposé à cette mesure.

Dans les pas de la Belgique et de l’Islande

Avec cette nomination, la France rejoint plusieurs autres pays européens dirigés ces dernières années par des hommes et femmes LGBT, à l’image d’Elio di Rupo en Belgique, Leo Varadkar en Irlande ou encore Xavier Bettel au Luxembourg. En 2009, Jóhanna Sigurðardóttir était devenue en Islande la première cheffe de gouvernement ouvertement homosexuelle en Occident.

Ana Brnabic occupe quant à elle le poste de Première ministre en Serbie depuis juin 2017. Au sein de la classe politique française, les choses ont également évolué depuis le coming out de l’ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë à la télévision en 1998. Ces dernières années, plusieurs ministres ou députés ont fait état de leur homosexualité, à l’image de Clément Beaune, Franck Riester, Olivier Dussopt ou encore Sarah El Haïry.

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