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RESEAU SOCIALQuitter X (Twitter) comme Hidalgo ? Les députés ne sont pas vraiment chauds

Twitter : « C’est courageux, mais… » Les députés pas du tout chauds pour quitter le réseau social X comme Anne Hidalgo

RESEAU SOCIALLa maire de Paris est la première responsable politique d’importance à quitter le réseau social depuis le rachat d’Elon Musk
La maire de Paris Anne Hidalgo.
La maire de Paris Anne Hidalgo. - Michel Euler/AP/SIPA / SIPA
Thibaut Le Gal

Thibaut Le Gal

L'essentiel

  • Anne Hidalgo a annoncé avec fracas son départ de X (ex-Twitter) lundi. La maire de Paris dénonce la « manipulation » et la « désinformation », qui ont transformé selon elle la plateforme en « arme de destruction massive de nos démocraties ».
  • A l’Assemblée nationale, les députés rejoignent parfois les critiques faites par Anne Hidalgo contre la plateforme d’Elon Musk.
  • Certains élus l’accusent toutefois d’allumer un « contre-feu » pour dissiper la polémique sur son voyage controversé en Polynésie.

A l’Assemblée nationale,

« Un vaste égoût mondial ». Anne Hidalgo a annoncé avec fracas son départ de X (ex-Twitter) ce lundi. La maire socialiste de Paris dénonce, dans une tribune au Monde, la « manipulation » et la « désinformation », qui ont transformé selon elle la plateforme en « arme de destruction massive de nos démocraties ».

C’est la première responsable politique française de premier plan à quitter le réseau social depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk, en avril 2022. Une initiative isolée pour faire oublier son voyage polémique à Tahiti, ou un véritable acte de rupture qui pourrait faire des petits dans la classe politique ?

« Il faut un certain panache »

« Seulement dix fois… », « Je me connecte trois fois par jour, mais ça peut être beaucoup plus… », « Dans certaines périodes, ça peut être une vingtaine de fois… » Les élus rencontrés ce mardi dans les couloirs de l’Assemblée nationale reconnaissent une forme d’addiction à l’ancien petit oiseau bleu. Certains d’entre eux reconnaissent donc à Anne Hidalgo l’audace d’avoir réussi à dire adieu à ses 1,5 million d’abonnés. « Elle fait preuve d’un certain courage de ne pas céder à l’ultraprésence sur les réseaux sociaux », salue Benjamin Saint-Huile, député du Nord du groupe Liot. « Twitter est une bulle médiatico-politique dans lequel les protagonistes se regardent le nombril. Je ne suis pas décidé à franchir le pas aujourd’hui, mais il n’y a aucune obligation morale à rester dans ce grand café du commerce virtuel », assure-t-il.

« Il faut un certain panache, ajoute Alma Dufour, députée de La France insoumise. « Je trouve ça plus courageux que le #NoTwitterday [journée de boycott pour contester les 1 an de Musk]. Mais je ne suis pas certaine que cela soit propice. Il faudrait plutôt une réponse collective et législative contre ces dérives », poursuit l’élue de Seine-Maritime.

« Quitter Twitter, c’est perdre un réseau construit depuis dix ans »

Si certains parlementaires se retrouvent dans les critiques adressées au réseau social, ils le jugent toutefois essentiel dans leur communication. « On se pose la question [d’un départ] depuis le rachat par Musk, et on peut voir que les craintes qu’on émettait s’avéraient fondées. La prime à la radicalité, aux mensonges qui se diffusent plus vite qu’une information vérifiée, sont un danger pour la démocratie », avance Arthur Delaporte, député PS du Calvados. « Le problème, c’est que Twitter a une forme de monopole. Le quitter, c’est perdre un réseau construit depuis dix ans, et ça peut être utile quand on n’a pas un accès si facile aux médias », ajoute-t-il.

« A ce stade, quitter Twitter n’est pas du tout dans nos radars, abonde Alma Dufour. On a bien conscience des dangers de la plateforme, qui semble favoriser l’extrême droite. Mais il n’y a pas d’alternative crédible. On ne peut pas s’en passer pour communiquer, elle reste très utile notamment face à la mainmise des milliardaires sur les médias, qui délivrent parfois une parole écrasante et partiale », poursuit l’insoumise.

Un « contre-feu » allumé par Hidalgo

« Comme tous les outils, ils peuvent être un danger démocratique quand ils ne respectent pas les règles et les pratiques démocratiques. Oui, l’algorithme favorise les clashs plutôt que le consensus, mais rien de nouveau là-dedans, souffle le député du MoDem Erwan Balanant. Je ne suis pas dupe de la volonté d’Anne Hidalgo d’allumer des multiples contrefeux pour dissiper les polémiques sur son escapade polynésienne », poursuit l’élu du Finistère. La maire de Paris est dans la tourmente depuis les révélations sur son voyage en Polynésie en octobre, qui lui vaut un signalement et une plainte pour détournement de fonds publics, actuellement à l’étude au Parquet national financier (PNF).

« Il y a des dérives sur Twitter comme partout sur Internet. Madame Hidalgo s’en offusque aujourd’hui par opportunisme », tacle également Julien Odoul, député Rassemblement national de l’Yonne. « En passant moins de temps sur les réseaux sociaux, peut-être pourra-t-elle travailler un peu plus car sa gestion de la ville est catastrophique et les municipales 2026 vont arriver très vite ». La maire de Paris fera-t-elle un jour son retour sur X ? Depuis son annonce, aucun message n’a été publié. Mais son compte n’a pour autant pas (encore ?) été supprimé…

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