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MémoireDrapeaux en berne, Lyon salue la mémoire de son ancien maire Gérard Collomb

Mort de Gérard Collomb : Drapeaux en berne, Lyon salue la mémoire de son ancien maire

MémoireLe cercueil de l’homme politique sera exposé à l’Hôtel de ville à partir de 13 heures lundi
Gérard Collomb a été le premier ministre de 'l'intérieur d'Emmanuel Macron.
Gérard Collomb a été le premier ministre de 'l'intérieur d'Emmanuel Macron. - VILLARD/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Drapeaux en berne et hommages en cascade : la ville de Lyon saluait dimanche la mémoire de son ancien maire Gérard Collomb, qui fut également ministre de l’Intérieur, avant ses funérailles prévues mercredi en la cathédrale Saint-Jean. « Ses obsèques publiques seront célébrées mercredi à 11 heures à la cathédrale Saint-Jean », au cœur du quartier historique du Vieux-Lyon, a fait savoir son épouse Caroline Collomb. Le cercueil de l’homme politique sera exposé à l’Hôtel de ville à partir de 13 heures lundi, a précisé l’entourage du maire écologiste Grégory Doucet.

Drapeaux en berne

Sans attendre, les drapeaux ont été mis en berne sur la mairie de Lyon où Gérard Collomb a siégé de 2001 à 2017 puis de 2018 à 2020 après un bref passage place Beauvau. Atteint d’un cancer à l’estomac, il est décédé samedi soir à 76 ans après avoir bénéficié à sa demande « d’une sédation profonde qui lui a permis de s’éteindre paisiblement », selon son épouse.

La mort de ce baron lyonnais dont le soutien fut décisif dans la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, a suscité une pluie d’hommages appuyés, notamment dans sa ville qu’il a profondément remaniée en vingt ans de mandats. Son successeur, l’écologiste Grégory Doucet a fait part sur X de sa « profonde tristesse » face à la disparition de ce « maire transformateur et humaniste » qui « aura marqué à jamais l’histoire » de la ville.

Sur le marché de la Croix-Rousse dimanche matin, sa disparition ne laisse personne indifférent. Comme une grande majorité des habitants, une professeure à la retraite de 79 ans garde en mémoire les grands projets de l’ancien maire : « La part Dieu, le quartier de Confluence, les berges du Rhône, il a beaucoup fait pour la ville », énumère Michelle, qui ne veut pas donner son nom de famille. « Quand il est parti au ministère de l’Intérieur, il y a eu du flottement. J’avais l’impression qu’il laissait tomber, peut-être pour un plan de carrière », dit-elle, moins convaincue par sa fin de carrière.

« Maire populaire »

« Maire populaire, au contact des habitants » : c’est ce que retient Manoubi Lala, 74 ans, retraité de la SNCF. « Il venait nous voir au terrain de boules, il jouait avec nous. Un monsieur sympa, familial », confie ce rapatrié de Tunisie, Lyonnais depuis 1962. Caroline, 50 ans, est moins admirative : « Il avait beaucoup d’ego (…) Ce n’était pas facile pour ses collaborateurs » croit-elle savoir.

« Il a été le maire de mon enfance. Je n’ai connu que lui », remarque Lucas Frassange, un élève ingénieur de 20 ans. Comme l’ancien patron de l’OL, Jean-Michel Aulas, « il a fait partie des fondations de la ville pour moi », ajoute-t-il. Né le 20 juin 1947 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), d’un père ouvrier-métallurgiste et d’une mère femme de ménage, Gérard Collomb, militant socialiste avait rallié à la première heure La République en marche d’Emmanuel Macron qui lui a également rendu un hommage appuyé.

Le président a salué « un ami cher », « un maire qui voua ses talents exceptionnels de dialogue et d’imagination pour bâtir une ville à son image », un « homme d’Etat qui incarnait l’ascension et l’autorité républicaines ». Le Sénat a observé un moment de recueillement en sa mémoire samedi soir.

Affaibli politiquement par l’affaire Benalla, il avait démissionné avec fracas en octobre 2018 du ministère de l’Intérieur pour reprendre ses fonctions à Lyon, avant d’être finalement battu par les Verts en 2020.7 Il avait disparu de la scène politique locale depuis qu’il avait lui même annoncé son cancer de l’estomac sur son compte X (ex-Twitter) le 16 septembre 2022.

Cet ancien professeur agrégé de lettres classiques fut élu député du Rhône (1981-1988) au moment de la vague rose portée par François Mitterrand. Il fut aussi maire du 9e arrondissement lyonnais (1995-2001), conseiller régional (1992-1999), sénateur (1999-2017, un mois en 2018) et premier président de la Métropole lyonnaise (2015-2017). Marié depuis 2001 à son épouse Caroline, il laisse cinq enfants dont trois de deux précédentes unions.

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