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reportage« Utiles » et « bâtisseurs »… Mais qu’est-ce qui motive encore les maires ?

Congrès des maires : « Utiles », « bâtisseurs »… Mais pourquoi sont-ils encore maires ?

reportage« 20 Minutes » est allé à la rencontre des maires qui, malgré les difficultés, se battent pour leur commune. Ils nous racontent ce qui les motive
Congrès des maires de France à Paris, illustration.
Congrès des maires de France à Paris, illustration.  - Jacques Witt/SIPA / SIPA
Thibaut Le Gal

Thibaut Le Gal

L'essentiel

  • L’Association des maires de France (AMF) organise cette semaine son Congrès annuel porte de Versailles, à Paris.
  • Dans un contexte de « fatigue républicaine », entre hausse des violences et sentiment d’impuissance, de nombreux élus démissionnent ou renoncent à se représenter.
  • Mais à 20 Minutes, on y croit encore. Alors on a demandé à plusieurs maires ce qui les motive encore dans l’exercice de leur mandat.

Au Congrès des maires,

S’ils sont présents au salon, c’est qu’ils n’ont pas abdiqué. Des milliers d’élus locaux se retrouvent cette semaine pour le traditionnel Congrès de l’Association des maires de France (AMF), porte de Versailles, à Paris. Un grand raout qui se déroule dans un contexte de « fatigue républicaine », avec un nombre exceptionnel de maires ayant démissionné depuis 2020 (+ 30 % par rapport au précédent mandat).

Malgré la hausse des violences et un sentiment « d’impuissance », les maires rencontrés ce mercredi témoignent de leur attachement à leur commune. 20 Minutes leur a demandé ce qui les motive encore aujourd’hui à porter l’écharpe tricolore.

Ils se sentent utiles : « C’est ce qui nous fait tenir »

C’est la réponse qui vient en premier chez les élus interrogés. « S’il n’y a pas de maires, nos territoires n’avancent plus. On est là pour les valoriser », souffle Christophe Sonrel, maire de Damelevières, en Meurthe-et-Moselle, depuis 2014. « J’aime trouver des solutions à des situations problématiques, avec tout mon cœur et toute mon âme, abonde Marie-Pierre Fauvel, maire de Saint-Jean-d’Elle, dans la Manche. Je me suis présentée pour me donner à fond, obtenir des subventions, lancer des projets pour satisfaire les habitants », ajoute-t-elle.

« Mon engagement a du sens car je peux améliorer la vie des gens. J’ai rénové une salle de spectacle de 1.200 places, et j’ai un pincement au cœur à chaque fois que je vois les gens prendre du plaisir devant des artistes, poursuit Daniel Fasquelle, maire de Touquet-Paris-Plage, dans le Pas-de-Calais, depuis 2008. Après les années de galère, de mécontentements, d’opposition, les gens viennent nous remercier. C’est notre récompense, ce qui nous fait tenir ».

Ils aiment bâtir : « On fait des choses qui se voient »

C’est le rêve des fans de SimCity et autres jeux vidéo de gestion : voir naître petit à petit une ville sous ses yeux. « Maire, c’est un mandat de bâtisseur », pense Benoit Vuillemin, élu de Saône, dans le Doubs. « En tant que maire, on bâtit, on fait des choses qui se voient. Là, je suis en train de revoir tout le système de transports. Je sors un lotissement de 239 logements, je lance une maison France services, ça c’est super concret. Je retrouve un peu les mêmes aboutissements que dans le monde de l’entreprise », dit-il.

« C’est exaltant de partir d’une copie blanche lorsque vous montez un projet. Il y a toutes les normes, toutes les contraintes ensuite pour obtenir des subventions. Il faut être passionné pour arriver au bout, mais j’aime ce côté maire-constructeur », s’enthousiasme aussi Christophe Sonrel. « On construit sa ville, petit à petit. Le plus concret, c’est évidemment les bâtiments publics, abonde Philippe Gras. Là, on vient de rénover la tour de l’Horloge, qui date de 1850. C’est une grande fierté, on sait qu’on a travaillé pour un ou deux siècles », indique l’élu de Codognan, dans le Gard.

Ils n’ont pas le choix : « On est venus me chercher »

D’autres élus reconnaissent que le mandat leur est tombé dessus. Dans les petits villages, où les candidats manquent souvent, il suffit parfois d’être là au bon endroit, au bon moment. « On est venus me chercher, je n’ai pas trop eu le choix, personne ne voulait se présenter », s’amuse Jean-Paul Welzer, maire de Saint-Agnant-prés-Crocq, à la tête de 200 habitants de ce petit village de la Creuse depuis 2014. « L’ancien maire m’a dit : ''tu ne peux pas laisser la commune sous tutelle''. Alors j’ai dit ''oui'', il faut bien qu’il y ait quelqu’un à la tête de ces villes, pour les faire vivre et les défendre ».

C’est un peu la même histoire pour Paul Braud, maire de Saint-Jean-Lachalm, en Haute-Loire depuis 1995. « On m’a dit ''le maire arrête, il va falloir prendre sa place''. On m’a en quelque sort ouvert la porte, et j’y suis entré, sourit-il. Ce n’est pas toujours simple, mais je suis né ici. Mon village, j’y tiens. C’est mon patrimoine ».

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