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ENQUETEEn France, près de 70 % des maires ont déjà été victimes d’incivilités

Agressions, insultes, menaces… Près de 70 % des maires disent avoir déjà été victimes d’incivilités

ENQUETELes agressions contre les élus ont augmenté de 32 % en 2022 et le ministère de l’Intérieur table sur une nouvelle hausse de 15 % cette année
Un maire avec son écharpe tricolore de France. Illustration.
Un maire avec son écharpe tricolore de France. Illustration. - GILE Michel/SIPA / /SIPA
20 Minutes avec agences

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Alors que le 105e congrès de l’Association des maires de France s’ouvre ce lundi, une étude alerte sur la forte hausse des agressions à l’encontre des élus français. Et les chiffres sont alarmants. Selon cette enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) publiée dimanche par Le Monde, 69 % des élus interrogés déclarent avoir déjà été victimes d’incivilités (+16 points par rapport à 2020)

En outre, 39 % des sondés affirment avoir subi injures et insultes (+10 points) et 27 % avoir été attaqués sur les réseaux sociaux (+7 points), les violences physiques restant rares. En 2022, les agressions contre les maires avaient augmenté de 32 % et représentaient 2.265 plaintes et signalements. Cette année, le ministère de l’Intérieur table sur une nouvelle hausse de 15 % en 2023.

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Une « fatigue républicaine »

Autre enseignement de cette étude, le rythme des démissions de maires a augmenté de 30 % par rapport au mandat précédent, avec plus de 1.300 comptabilisées depuis 2020, chiffre révélateur d’une « fatigue républicaine ». Parmi les facteurs d’explication, le politologue Martial Foucault fait état d’un « sentiment d’impuissance » des maires, confrontés à la réalité de plus en plus complexe et chronophage de leur mission.

Les maires invoquent aussi la « trop forte exigence des citoyens » et les difficultés à concilier exercice du mandat et vie personnelle ou professionnelle. L’insuffisance des indemnités n’arrive qu’en 7e position. Interrogés sur ce qu’il faudrait changer, 50 % suggèrent pourtant de revoir à la hausse leurs émoluments, à la charge de l’Etat. « S’ils ne s’engagent pas pour gagner de l’argent, ils ne sont pas prêts à en perdre non plus », note l’auteur.

Les maires demandent aussi l’augmentation du crédit d’heures accordées par leur entreprise pour exercer leur mandat et l’instauration d’un nombre minimum obligatoire d’absences financées par l’entreprise.

« Les maires résistent à l’accumulation de crises »

Agés en moyenne de 60 ans, 8 maires sur 10 sont des hommes et 40 % sont retraités. Ils consacrent en moyenne 32 heures par semaine à leur mandat et perçoivent un niveau moyen de rémunération comparable au Smic horaire (10,85 euros brut) dans les plus petites communes, le double pour les plus de 50.000 habitants.

Avec près d’un million de candidats aux municipales, l’engagement local n’est « pas encore menacé » et « les maires résistent à l’accumulation de crises », conclut l’auteur, même s’il y a besoin selon lui de « réviser les conditions d’exercice ».

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