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rentréeComment Les Républicains veulent rester dans le coup en cette rentrée

Rentrée politique : Unité, immigration, censure… Comment les Républicains entendent rester dans le coup

rentréeLa droite se retrouve ce dimanche à Levens dans les Alpes-Maritimes, sous l’égide du président du parti Eric Ciotti
Gérard Larcher, Eric Ciotti et Bruno Retailleau au Cirque d'Hiver,  le 17 juin 2023.
Gérard Larcher, Eric Ciotti et Bruno Retailleau au Cirque d'Hiver, le 17 juin 2023.  - Jacques Witt/SIPA / SIPA
Thibaut Le Gal

Thibaut Le Gal

L'essentiel

  • Les Républicains font leur rentrée politique ce dimanche à Levens, dans les Alpes-Maritimes, autour de leur président Eric Ciotti.
  • Le parti espère bien rebondir après une année difficile marquée par les divisions sur la réforme des retraites.
  • Très ferme sur l’immigration, la droite annonce qu’elle ne fera plus aucun cadeau au gouvernement, le menaçant même déjà d’une motion de censure.

On les avait quittés au cœur de l’été, essorés par une année de tumultes. Après quelques jours de vacances, Les Républicains se retrouvent ce dimanche à Levens, dans les Alpes-Maritimes, autour de leur président Eric Ciotti. « Notre rentrée sera un moment tout particulièrement important afin de rappeler notre inaltérable désir d’être toujours utiles à la France et aux Français », a indiqué le patron de LR dans l’invitation aux militants. Fracturée sur la réforme des retraites, la droite espère bien rebondir en cette nouvelle année parlementaire. LR a déjà les premiers éléments de son plan de relance : afficher son unité, se montrer actif au Parlement et ne pas hésiter à menacer de renverser le gouvernement macroniste.

Afficher son unité

Pour la rentrée des classes, Eric Ciotti a donc choisi de réunir cadres et militants à un déjeuner champêtre à Levens. Un lieu idéal pour mettre en scène l’unité retrouvée du parti et tourner définitivement la page douloureuse des retraites. « Parfois dans la vie politique, on connaît des moments difficiles. Levens sera un temps fort qui va permettre de nous retrouver pour repartir sur des combats communs », confie Anne-Laure Blin, députée LR de Maine-et-Loire. Selon Politico, les cadors de la droite, Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Annie Genevard, David Lisnard et Olivier Marleix seront bien présents. « On a passé le gros de l’orage et cette année, il n’y a pas d’élection immédiate, pas de combat interne… On devrait réussir à avoir ce grand moment de ferveur populaire, les militants en ont besoin », abonde Eric Pauget, député des Alpes-Maritimes. « L’objectif est de montrer que la droite est bien en vie et en ordre de bataille pour jouer un rôle important dans les mois à venir », ajoute-t-il. En l’absence de majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, la droite espère enfin profiter de sa position de groupe pivot.

Être force de proposition

Elle entend donc être à la manœuvre en mettant désormais en avant son propre projet, comme elle l’a fait d’une seule voix sur l’immigration en mai dernier, avec pas moins de deux propositions de loi pour réduire les flux migratoires. « C’était une belle initiative, on veut refaire ce type de démarche, des lois construites et concrètes, sur le trafic de drogue ou les questions économiques. C’est quand la droite est à l’initiative qu’on se rend compte qu’elle est utile et qu’on regagne de la crédibilité auprès des Français », dit Othman Nasrou, vice-président de la région Île-de-France et premier secrétaire général délégué des Républicains.

Après la mort d’un enfant de 10 ans lors d’une fusillade à Nîmes cette semaine, le parti a dégainé un communiqué pour indiquer qu’il dévoilera à la rentrée « un grand plan de lutte national contre le trafic de drogues ». Le 4 juillet dernier, Eric Ciotti déposait une proposition de loi visant à responsabiliser les parents des enfants délinquants comme une réponse aux émeutes des jours précédents. Le parti présentera aussi à l’automne prochain un « contre-projet » au budget du gouvernement, afin notamment de réduire des dépenses sociales jugées improductives. Un activisme qui dénote un changement stratégie. « Sur les retraites, on a négocié non pas à partir de ce que l’on pouvait apporter, mais par rapport à ce que le gouvernement avait mis sur la table. On a obtenu des mini-concessions et on est apparus comme des collabos », tranche Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais. « La coconstruction, ça ne peut pas se faire dans le huis clos des ministères », ajoute-t-il.

Agiter « l’arme nucléaire »

Parfois jugé trop tendre avec l’exécutif par ses propres adhérents, LR a décidé de changer de ton. La droite a déjà mis la pression sur le gouvernement en menaçant de déposer une motion de censure sur le budget 2024 ou sur le projet de loi immigration, examiné par les parlementaires à la rentrée. « On a déjà annoncé des lignes rouges, comme sur la régularisation des immigrés dans les métiers en tension, qui est pour nous un appel d’air », prévient Eric Pauget. « La motion de censure est une arme de dissuasion nucléaire, mais si on doit appuyer sur le bouton, on n’hésitera pas », ajoute l’élu. « Le gouvernement doit arrêter avec le ''en même temps''. Soit il gouverne de manière laxiste pour séduire la Nupes, soit il regarde nos propositions pour arrêter de subir l’immigration », ajoute Anne-Laure Blin. La saison 2 des Républicains s’annonce donc explosive. Reste qu’en politique, comme en série télé, les bandes-annonces peuvent parfois s’avérer trompeuses.

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